Aéroport international Gnassingbé-eyadéma de Lomé : et si la solution passait par lagardère face aux dysfonctionnements répétés ?

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Le scandale des infrastructures défaillantes de l’aéroport international Gnassingbé-Eyadéma de Lomé a-t-il sonné le glas des ambitions du Togo de faire de cet aéroport un hub régional incontournable ? Entre l’échec cuisant de la gestion publique et les tensions autour de la souveraineté nationale, l’État togolais se tourne désormais vers une solution radicale : confier l’exploitation commerciale à Lagardère Travel Retail. Une décision lourde de conséquences, mais qui pourrait bien redéfinir l’avenir de la plateforme aéroportuaire.

Un fiasco sanitaire révélateur des limites du modèle géré par la SALT

Tout a commencé par une scène qui a défrayé la chronique : des fuites d’eaux usées dans le hall d’embarquement de l’aéroport de Lomé, rapidement qualifiées de « pluie de matières fécales » par les voyageurs et les médias. Un incident qui, bien qu’en partie minimisé par la direction de la Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT), a révélé une vérité crue : l’entretien des infrastructures était totalement défaillant. Les systèmes de traitement des eaux, les sanitaires et les espaces communs étaient dans un état de dégradation avancée, trahissant un manque criant d’investissement.

Les voyageurs, habitués aux promesses de modernité, ont vu leur confiance s’effriter face à cette réalité contrastée. Les compagnies aériennes, quant à elles, ont commencé à exprimer leur mécontentement, mettant en péril l’image de sérieux que le Togo entendait projeter. Ce fiasco sanitaire n’était que la partie émergée d’un iceberg bien plus large : un dysfonctionnement structurel et chronique de la gestion publique de l’aéroport.

Pourquoi Lagardère Travel Retail pourrait bien être le sauveur de l’aéroport de Lomé

Face à l’urgence, les autorités togolaises ont fini par admettre que la SALT n’avait ni les moyens ni l’expertise pour redresser la situation. C’est dans ce contexte que la solution Lagardère Travel Retail s’impose comme une évidence. Le groupe français, leader mondial de la distribution dans les espaces commerciaux aéroportuaires, est en passe de reprendre la concession des espaces duty-free et de moderniser l’infrastructure.

Les avantages sont nombreux :

  • Une **expertise confirmée** dans la gestion des flux et la mise aux normes internationales, garantissant une expérience voyageur optimale ;
  • Un **renforcement des revenus commerciaux** grâce à une offre attractive et une gestion dynamique des espaces ;
  • Une **réduction des risques opérationnels** liés aux défaillances techniques, avec un entretien régulier et une maintenance proactive.

Pour le Togo, l’enjeu est double : restaurer la crédibilité de l’aéroport et en faire un véritable levier économique pour le pays. Mais cette solution ne fait pas l’unanimité.

Le dilemme de la souveraineté : jusqu’où faut-il aller dans la privatisation ?

En externalisant la gestion de son aéroport à un opérateur privé étranger, le Togo prend le risque de fragiliser sa souveraineté. Lagardère Travel Retail, bien que français, est lié au groupe Bolloré, un acteur économique puissant dont l’influence s’étend bien au-delà des frontières du continent africain. Cette dépendance soulève des questions légitimes : qui contrôle réellement l’aéroport de Lomé ? Les retombées économiques bénéficieront-elles aux entreprises locales ou seront-elles captées par des groupes internationaux ?

D’un côté, l’État togolais mise sur l’efficacité pour attirer toujours plus de compagnies aériennes et de voyageurs, essentiels pour dynamiser son économie. De l’autre, une partie de la population et des acteurs économiques locaux craignent une marginalisation des PME et artisans nationaux au profit de grandes enseignes étrangères. Un équilibre difficile à trouver, mais indispensable pour ne pas hypothéquer l’avenir.

Modernisation ou dépendance économique : quel avenir pour l’aéroport de Lomé ?

La bataille pour l’avenir de l’aéroport international Gnassingbé-Eyadéma de Lomé est loin d’être terminée. Si Lagardère Travel Retail parvient à relancer l’infrastructure et à redorer son image, le Togo pourrait enfin concrétiser son ambition de devenir un hub régional. Mais cette réussite dépendra de plusieurs facteurs clés :

  • La **rapidité des travaux** de modernisation, pour éviter que de nouveaux scandales ne sapent la confiance des usagers ;
  • La **transparence des contrats** conclus avec le groupe français, afin de garantir que les retombées profitent au maximum à l’économie locale ;
  • L’**équilibre entre efficacité et souveraineté**, pour que le partenariat soit perçu comme équitable et non pas comme une soumission.

Une chose est sûre : le modèle traditionnel de gestion publique a échoué. Reste à savoir si Lagardère Travel Retail saura prouver que la solution privée peut, elle aussi, servir les intérêts du Togo et de ses citoyens. L’enjeu est de taille, car plus que jamais, l’aéroport de Lomé est bien plus qu’une simple plateforme : c’est la vitrine du pays et le symbole de ses ambitions pour l’avenir.

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A propos Harouna Traoré

Journaliste
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