Lors d’une conférence ministérielle tenue à Abidjan, les pays africains producteurs de minéraux critiques et leurs partenaires internationaux ont scellé une alliance stratégique pour faire des ressources minières stratégiques du continent un pilier du développement économique, industriel et social.
La rencontre, qui s’est déroulée en juillet, a réuni des ministres africains des Mines, de l’Énergie, de l’Industrie et de l’Économie verte, aux côtés de représentants d’institutions panafricaines et d’investisseurs étrangers. L’objectif ? Redéfinir la place de l’Afrique dans le marché mondial des ressources critiques en misant sur la création de valeur locale et le renforcement des chaînes de valeur régionales.
Abidjan, capitale d’un nouveau modèle minier africain
Cette conférence ministérielle a marqué un tournant dans la gestion des ressources naturelles du continent. Les participants ont souligné la nécessité d’un partenariat renouvelé pour permettre à l’Afrique de tirer pleinement profit de ses immenses réserves de cobalt, lithium, terres rares et autres métaux essentiels à la transition énergétique mondiale.
Un changement de paradigme pour une exploitation responsable et profitable
Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement, a appelé à une refonte en profondeur des mécanismes de gestion des ressources africaines. « Cette conférence vise à opérer un changement de paradigme en établissant un nouveau partenariat pour l’Afrique, afin que ses ressources profitent directement à sa population », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur l’importance de transformer localement les matières premières pour maximiser la valeur ajoutée et a plaidé pour une consolidation des institutions de financement du développement en Afrique, dont le bilan cumulé ne représente aujourd’hui qu’1 % du total mondial.
Pour lui, le développement d’infrastructures adaptées et la création d’industries locales sont les clés d’une exploitation minière plus rentable et durable.
La Côte d’Ivoire à l’avant-garde de la révolution minière africaine
Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, a mis en avant le potentiel minier de son pays. Près des trois quarts du territoire ivoirien pourraient receler des minéraux critiques, une richesse stratégique pour atteindre l’objectif d’une Côte d’Ivoire classée parmi les nations à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030.
Le gouvernement ivoirien a élaboré un plan ambitieux pour la période 2026-2040, doté d’un budget de 38 000 milliards de francs CFA, dont 88 % seraient financés par le secteur privé. Ce programme s’inscrit dans une politique intégrée des ressources minérales et énergétiques visant à maximiser les retombées économiques locales.
Un trésor minier africain face à une demande mondiale en explosion
L’Afrique possède environ 30 % des réserves mondiales des minéraux les plus stratégiques, estimés à près de 29 500 milliards de dollars. Parmi eux, 8 600 milliards de dollars restent encore inexploités, représentant une manne colossale pour le continent.
D’ici 2040, la demande mondiale devrait exploser : +1 000 % pour les métaux du groupe du platine, +842 % pour le lithium et +88 % pour le cuivre. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la transition énergétique mondiale, portée notamment par le développement des véhicules électriques et des batteries.
Vers une industrialisation africaine par les minéraux critiques
Face à cette opportunité historique, les dirigeants africains réunis à Abidjan ont réaffirmé leur volonté de rompre avec le modèle traditionnel d’exportation brute des matières premières. Leur ambition ? Faire des minéraux critiques un levier d’industrialisation, de création d’emplois et de prospérité durable pour le continent.
