10 matchs d’avant-Coupe du monde qui ont marqué l’histoire des Bleus
Alors que l’équipe de France s’apprête à affronter la Côte d’Ivoire puis l’Irlande du Nord en amical, retour sur dix rencontres de préparation qui ont façonné l’histoire des Bleus avant chaque Coupe du monde.
À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde (11 juin), les Bleus de Didier Deschamps enchaînent les derniers entraînements avant deux défis amicaux : la Côte d’Ivoire à Nantes (6 juin) et l’Irlande du Nord à Lille (8 juin). Ces galops d’essai, souvent décisifs pour le moral et la cohésion de l’équipe, ont parfois réservé des surprises inattendues. Plongeons dans les dix matchs de préparation les plus marquants de l’histoire des Tricolores.
Le drame de Cissé et l’échec de Zidane en 2006
France-Chine (7 juin 2006)
Le 7 juin 2006 à Saint-Étienne, Djibril Cissé entre dans la légende… mais pour une mauvaise raison. Titularisé par Raymond Domenech, il se blesse gravement dès son premier contact avec le ballon, victime d’un tacle du capitaine chinois Zheng Zhi. Résultat : une double fracture tibia-péroné, comme celle subie deux ans plus tôt avec Liverpool. Une absence qui prive les Bleus de leur attaquant vedette avant le Mondial.
Ce jour-là, Zinédine Zidane inscrit aussi l’un des moments les plus insolites de sa carrière en équipe nationale. Pour le seul penalty raté de sa carrière avec les Bleus, il tente une panenka… et échoue. Pourtant, il se rattrapera en phase finale avec deux buts en demi-finale et un dernier en finale, dont le célèbre penalty en or face à l’Italie.
Résultat final en Coupe du monde : finalistes.
Zidane blessé et l’élimination surprise en 2002
Corée du Sud-France (26 mai 2002)
Quelques semaines avant le Mondial coréen, Zidane, fraîchement sacré champion d’Europe des clubs avec le Real Madrid, doit concilier préparation avec les Bleus et vie familiale. Après une victoire en Ligue des champions et la naissance de son deuxième enfant, il rejoint l’équipe à Ibusuki. Mais une blessure à la cuisse gauche contre la Corée du Sud, pays hôte, scelle le sort des champions du monde et d’Europe en titre.
Les Bleus, déjà fragilisés, s’inclinent dès le premier match contre le Sénégal. La cuisse de Zidane devient le symbole d’une préparation ratée et d’une élimination précoce.
Résultat final en Coupe du monde : élimination au premier tour.
L’assassin s’habille en 21
Finlande-France (5 juin 1998)
En 1998, une semaine avant le Mondial, les Bleus affrontent la Finlande à Helsinki. Malgré un but de David Trezeguet, l’équipe trébuche. Christophe Dugarry, auteur d’une occasion manquée, se fait traiter d’« assassin » en direct par Jean-Michel Larqué. Vexés, les joueurs refusent de participer à l’émission Téléfoot le lendemain.
Stéphane Guivarc’h, peu utilisé en sélection mais décisif en club (47 buts toutes compétitions confondues), est préféré à Dugarry pour le Mondial. Pourtant, c’est bien Dugarry, avec son maillot n°21, qui inscrira le but décisif lors du tournoi, prouvant que les préparations ne font pas toujours les vainqueurs.
Résultat final en Coupe du monde : champions du monde.
Une farce à trois temps en altitude
France-Guatemala (21 mai 1986)
Préparant le Mondial mexicain, Henri Michel organise un match d’entraînement contre le Guatemala à Tlaxcala, à plus de 2 200 mètres d’altitude. Exaspéré par la diffusion télévisée du match, le sélectionneur impose trois tiers-temps de 33 minutes chacun (98 minutes au total). Les Bleus jouent en rouge sur un terrain bosselé, avec un coup d’envoi à midi et quart.
Jean Tigana dénonce des « publicitaires de haut niveau qui nous imposent de jouer à midi ». Les Bleus réclameront une partie des droits de diffusion.
Résultat final en Coupe du monde : 3e place.
Boycott et moqueries en 1978
France-Tunisie (19 mai 1978)
Une semaine après la publication de la liste des 22 par Michel Hidalgo (sans Albert Gemmrich, buteur la veille contre l’Iran), les Bleus reçoivent la Tunisie à Villeneuve-d’Ascq. Sous une banderole appelant au boycott du Mondial argentin (« Argentine 1978 : pas de football entre les camps de concentration »), les Français sont hués par les supporters tunisiens : « Au secours, Platini, au secours ! ».
Michel Platini, entré en jeu à la pause, sauve l’honneur en inscrivant le premier but (2-0). Mais l’équipe de France ne passera pas le premier tour.
Résultat final en Coupe du monde : élimination au premier tour.
Un banc d’essai absurde en 1954
Belgique-France (30 mai 1954)
À un mois du Mondial suisse, Gaston Barreau casse l’ossature de l’équipe en titularisant cinq remplaçants face à la Belgique au Heysel. Un onze expérimental, alors qu’une équipe de France B affronte l’Espagne (0-2) en parallèle. Roger Marche, figure du défenseur, est même absent de ces deux matchs.
Sept des onze titulaires joueront la Coupe du monde, mais l’équipe est éliminée dès le premier tour.
Résultat final en Coupe du monde : élimination au premier tour.
Just Fontaine, l’explosion en 1958
Narke-France (25 mai 1958)
En l’absence de Raymond Kopa, retenu par son club, les Bleus écrasent une sélection de troisième et quatrième division suédoise (12-0). Just Fontaine, alors peu connu en équipe nationale (seulement 4 buts en 5 matchs), réalise un quadruplé. Une semaine plus tard, il récidive contre une sélection « supérieure » (12-0).
La légende est lancée : Fontaine inscrira 13 buts en Coupe du monde, un record toujours inégalé.
Résultat final en Coupe du monde : 3e place.
L’impatient anglais en 1934
Hollande-France (10 mai 1934)
George Kimpton, nouvel entraîneur anglais, impose un système tactique (WM) peu utilisé en France. Face aux Pays-Bas à Amsterdam, la défense française craque (4-5). Kimpton regrettera plus tard le manque de discipline de ses joueurs, allant jusqu’à dire à Georges Verriest : « S’il va aux toilettes, tu y vas aussi ! » avant le Mondial italien.
L’équipe est éliminée dès le premier match contre l’Autriche (2-3 après prolongation).
Résultat final en Coupe du monde : élimination au premier tour.
Une croisière royale en 1930
France-Roumanie (10 juillet 1930)
Avant le premier Mondial de l’histoire en Uruguay, Français et Roumains partagent une croisière de treize jours à bord du Conte Verde. Les liens se tissent entre les joueurs. Le match amical contre la Roumanie, remporté 4-2, sert de répétition générale avant le tournoi.
Résultat final en Coupe du monde : élimination au premier tour.
La leçon de football en Écosse en 1966
Selkirk-France (7 juillet 1966)
Pour préparer la Coupe du monde en Angleterre, les Bleus affrontent des équipes écossaises modestes. Après deux matchs faciles (8-1 et 8-0), Selkirk offre un dernier défi. Lucien Muller, absent pour protester contre sa probable exclusion, résume l’ambiance : « Je n’ai pas joué ce match car ma titularisation était exclue dans l’esprit des responsables. »
Henri Guérin, le sélectionneur, parlera plus tard d’un « état d’esprit formidable » chez les Bleus.
Résultat final en Coupe du monde : élimination au premier tour.
