Une crise de foi dans la justice globale : le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CPI

En actant leur retrait de la Cour pénale internationale, le Burkina Faso, le Mali et le Niger posent une question fondamentale : peut-elle survivre aux fractures géopolitiques du XXIème siècle ?

L'histoire retenait déjà l'écroulement d'un modèle d'intégration régionale, elle inscrira désormais la rupture du pacte judiciaire global. Le 22 septembre dernier, l'Alliance des États du Sahel (AES) a franchi un point de non-retour.

Le retrait de la CPI serve à protéger les régimes en place tout en continuant d’ignorer les décisions de la Cour de la CEDEAO ou de la Cour africaine, il ne fera que remplacer la domination extérieure par l'arbitraire intérieur, laissant les citoyens sans aucun recours.

Si le départ de la CPI sert uniquement à protéger les régimes en place tout en continuant d’ignorer les décisions de la Cour de la CEDEAO ou de la Cour africaine, il ne fera que remplacer la domination extérieure par l'arbitraire intérieur, laissant les citoyens sans aucun recours. La souveraineté ne saurait servir de prétexte pour substituer à l’arbitraire international une impunité nationale.

Si le départ de la CPI devient le détonateur d’une prise de conscience collective poussant les États à financer, respecter et soumettre leur pouvoir aux juridictions régionales et continentales, alors l’Afrique posera les bases d’un État de droit authentique.

Le message du Sahel est limpide. La CPI a perdu le monopole de la morale internationale. Il appartient désormais aux nations africaines et aux institutions sous-régionales de prouver que l’alternative à La Haye n’est pas la loi du plus fort, mais l’affirmation d’une justice continentale forte, indépendante, équitable et respectée par tous.