Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, a donné pour consigne aux autorités fiscales d’adoucir leurs méthodes envers les entreprises minières. L’objectif ? Éviter que les recouvrements forcés ne découragent les investisseurs étrangers, essentiels au secteur minier congolais.
Premier producteur mondial de cobalt et deuxième exportateur africain de cuivre, la RDC mise énormément sur ces ressources pour ses recettes d’exportation. Le chef de l’État estime que les saisies de comptes bancaires, les gels d’avoirs et les mesures fiscales aléatoires nuisent à la compétitivité du secteur. Selon lui, ces pratiques alourdissent les coûts des opérateurs et risquent de freiner les investissements futurs.
Privilégier le dialogue et la transparence
Pour corriger cette dynamique, Félix Tshisekedi a exigé des ministères de l’Économie, des Finances et des Mines une approche plus mesurée. Les régies financières doivent désormais s’appuyer sur des bases légales solides et réserver les recouvrements forcés aux cas exceptionnels. Le président a insisté sur l’importance des mécanismes de dialogue, de notification préalable et de conciliation prévus par la loi congolaise.
Il a insisté pour que le secteur minier devienne « compétitif, transparent et stable », avec des règles claires, des décisions administratives prévisibles et une collaboration constante entre l’État et les acteurs économiques.
Tensions récentes avec les géants miniers
Ces directives surviennent dans un climat tendu entre Kinshasa et plusieurs multinationales. En 2025, l’Inspection générale des finances avait pointé du doigt des groupes comme le chinois CMOC et le suisse Glencore, les accusant de sous-déclarer des milliards de dollars de revenus. Ces entreprises avaient réfuté ces allégations.
Quelques jours avant l’annonce présidentielle, les autorités fiscales avaient fermé les locaux de Glencore en RDC, dans le cadre d’un litige fiscal. Le groupe helvétique a affirmé poursuivre les discussions avec les autorités tout en contestant toute irrégularité. Aucune confirmation n’a été faite quant à un lien direct entre cette décision et les instructions de Félix Tshisekedi.
Sécurité et image du pays en jeu
En complément, le président a ordonné le retrait immédiat des militaires et policiers stationnés illégalement sur les sites miniers. Selon lui, leur présence favorise fraudes, contrebandes et insécurités, tout en portant atteinte à l’image du pays auprès des investisseurs étrangers.
