Tchad : 200 jeunes formés aux métiers verts à N’Djamena pour un avenir durable

Tchad : 200 jeunes formés aux métiers verts à N’Djamena pour un avenir durable

La capitale tchadienne, N’Djamena, franchit une étape décisive dans la lutte contre le chômage des jeunes et la transition écologique. La Mairie de N’Djamena et l’ONAPE (Office National pour la Promotion de l’Emploi) ont lancé un ambitieux projet d’insertion de deux cents jeunes dans les métiers verts, notamment le maraîchage, sous l’égide du PROJEV (Projet d’Insertion des Jeunes dans les Métiers Verts).

Deux cents jeunes tchadiens en formation aux métiers verts à N'Djamena

Un projet innovant pour l’emploi et l’environnement

La cérémonie de lancement, qui s’est tenue ce mercredi à l’espace Kuweïte de Farcha dans le premier arrondissement, a marqué le coup d’envoi d’une initiative visant à transformer le paysage socio-économique de la ville. Le PROJEV, porté conjointement par la Mairie et l’ONAPE, a pour ambition de former et d’accompagner les jeunes vers des métiers durables, alliant développement économique et respect de l’environnement.

Mahamat Alhafiz Idriss, responsable du guichet crédit agricole de l’ONAPE, a mis en lumière les objectifs du projet : « Notre mission est claire : offrir aux jeunes les compétences et les opportunités nécessaires pour qu’ils deviennent des acteurs autonomes de leur destin ». Il a ajouté que le maraîchage urbain, en particulier, représente une réponse concrète aux défis du chômage et de la dégradation des sols.

La synergie des acteurs locaux au service des jeunes

L’engagement des autorités locales a été salué par Djamal Moussa Yaya, maire du premier arrondissement. Il a souligné l’importance de cette collaboration institutionnelle pour répondre efficacement à la problématique du chômage des jeunes, un fléau qui touche particulièrement les nouvelles générations au Tchad.

Nassouradine Abakar Kessou, directeur général de l’ONAPE, a rappelé la nécessité de cette initiative face à un taux de chômage et de sous-emploi alarmant chez les jeunes. « Le Tchad regorge de potentialités, mais sans une main-d’œuvre qualifiée et motivée, ces atouts restent inexploités », a-t-il déclaré. Pour lui, les métiers verts sont une solution durable pour créer des emplois tout en préservant les ressources naturelles.

Un plan ambitieux pour une jeunesse porteuse d’espoir

Seid Adji Seid, directeur de cabinet adjoint de la mairie de N’Djamena, a présenté le plan MIDI, une feuille de route quinquennale structurée autour de cinq axes majeurs : le renforcement du civisme, une formation professionnelle de qualité, l’accompagnement à l’entrepreneuriat, le développement de l’agriculture urbaine et le soutien aux secteurs culturels et artistiques. Ce plan reflète la volonté de la Commune de répondre aux attentes d’une jeunesse en quête de dignité et d’opportunités.

S’adressant directement aux jeunes bénéficiaires, il a lancé : « Vous n’êtes plus des demandeurs d’emploi en quête d’une opportunité, vous incarnez aujourd’hui la transition écologique de notre capitale ». Il a insisté sur le fait que ces métiers verts ne sont pas des solutions temporaires, mais des professions d’avenir, alliant performance économique, protection de l’environnement et amélioration du cadre de vie.

Des installations concrètes dès cette année

Après une phase de formation intensive, les deux cents jeunes sélectionnés seront installés sur un terrain de dix hectares dédié au maraîchage. Ce site, situé en périphérie de N’Djamena, deviendra un modèle d’agriculture urbaine durable, offrant à ses bénéficiaires la possibilité de générer des revenus tout en contribuant à la sécurité alimentaire de la ville.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion de l’économie circulaire et de la résilience climatique au Tchad. Elle ouvre la voie à de nouvelles perspectives pour les jeunes, tout en posant les bases d’un développement urbain plus vert et plus inclusif.