Sonko explique pourquoi il a tourné le dos à Faye

Sonko explique pourquoi il a tourné le dos à Faye

Portrait d'Ousmane Sonko lors d'un discours

Dans un discours empreint de profondeur philosophique, Ousmane Sonko, nouvellement élu à la tête de l’Assemblée nationale, lève le voile sur les véritables motifs de sa rupture avec Bassirou Diomaye Faye. L’ancien Premier ministre y aborde une question cruciale : la politique doit-elle servir l’intérêt général ou céder aux tentations du pouvoir personnel ?

Une séparation politique nourrie par des divergences de fond

Quelques jours seulement après avoir quitté la Primature et accédé à la présidence de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a choisi de s’exprimer avec une rare franchise. Son intervention n’a rien d’une simple querelle politique : elle interroge les fondements mêmes de l’action publique. « La politique ne se réduit pas à la conquête du pouvoir, mais à sa finalité », a-t-il affirmé, soulignant que les tensions récentes au sommet de l’État reflétaient un conflit bien plus profond.

S’appuyant sur des références philosophiques et historiques, il a rappelé que, selon Aristote, la politique est « l’art suprême » lorsqu’elle œuvre pour le bien commun. Pour lui, aucune société ne peut prospérer si ses dirigeants perdent de vue la vertu et l’éthique. « Lorsque les institutions deviennent des instruments de pouvoir plutôt que des outils au service du peuple, c’est la République toute entière qui en pâtit », a-t-il martelé.

L’ancien chef du gouvernement a également évoqué la mémoire de Mamadou Dia, figure emblématique de l’indépendance du Sénégal, pour illustrer son propos. Dès les débuts de l’ère postcoloniale, ce dernier mettait en garde contre toute confusion entre les intérêts privés des gouvernants et l’intérêt général. Pour Sonko, la souveraineté d’un pays ne se limite pas à ses symboles nationaux : elle repose aussi sur une éthique publique exigeante.

La gouvernance en question : morale ou pouvoir ?

Dans une analyse qui dépasse le cadre des simples rivalités politiques, Ousmane Sonko a développé une réflexion sur les crises contemporaines des nations. Selon lui, un État ne s’effondre pas seulement sous le poids de la pauvreté, mais aussi sous celui d’une « fatigue morale ». Lorsque les institutions, au lieu de servir le citoyen, deviennent des machines à conserver le pouvoir, c’est l’esprit même de la démocratie qui se trouve menacé.

Sans nommer directement Bassirou Diomaye Faye, il a suggéré que les divergences ayant mené à leur séparation s’enracinaient dans un désaccord fondamental sur la manière de gouverner. Pour lui, la politique doit être un service, pas une fin en soi. « Un pays peut avoir un hymne, un drapeau et des lois, mais perdre toute sa substance si ses dirigeants oublient leur devoir de probité », a-t-il conclu.

Son discours, à la fois pédagogique et engagé, invite à une remise en question des pratiques politiques actuelles au Sénégal.