Sommet Cédéao à Freetown : l’absence marquante de l’Alliance des États du Sahel

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Sommet Cédéao à Freetown : l’absence marquante de l’Alliance des États du Sahel

Freetown, en Sierra Leone, est le théâtre du rassemblement des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao ce week-end. L’organisation régionale se retrouve sans le Mali, le Niger et le Burkina Faso, qui ont officialisé leur retrait, tentant désormais de renforcer son influence et de redéfinir son rôle.

Nigeria Abuja 2014 | Bouton de porte de la Cédéao où le continent africain est représenté, avec le détail des pays de la sous-région (illustration)

Le 69ème sommet de la Cédéao se déroule à Freetown, en Sierra Leone, marquant une période critique pour la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest. Réunie ce dimanche, la Cédéao est désormais privée de trois de ses membres clés : le Niger, le Mali et le Burkina Faso, qui ont choisi de former l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette absence notable sera, sans aucun doute, au cœur des débats, alors que l’organisation cherche à restaurer son image et à aborder les défis pressants de sécurité dans la zone Sahel.

Bonn 2026 | Passeport AES (illustration)

La Cédéao face à un futur sans le Mali, le Niger et le Burkina Faso ?

Au-delà de la symbolique de cette séparation, les leaders ouest-africains doivent impérativement trouver des réponses à une interrogation fondamentale : comment envisager l’avenir de la Cédéao après le départ de ces trois nations, désormais regroupées au sein de la Confédération des États du Sahel, souvent désignée comme la Zone AES ?

Malgré leur retrait de l’organisation, ces trois pays demeurent des voisins essentiels. Les chefs d’État sont donc appelés à définir les contours d’un dialogue constructif. L’objectif est de sauvegarder les échanges commerciaux, garantir la libre circulation des populations et, surtout, renforcer la coopération sécuritaire face à une menace terroriste transfrontalière qui affecte l’ensemble de la zone Sahel.

Pour Aliou Diakite, un spécialiste des questions de la Cédéao, l’enjeu est colossal. Il souligne l’importance de ce sommet pour « discuter de l’avenir de la Cédéao et des problématiques de gouvernance et de sécurité qui se posent aujourd’hui au niveau de l’espace Cédéao, compte tenu de la criminalité organisée liée au terrorisme, des évolutions politiques électorales, du changement climatique et d’autres défis tels que les épidémies et les pandémies. C’est ce qui interpelle les chefs d’État et de gouvernement pour débattre de la trajectoire de la Cédéao dans les années à venir. » Cette actualité de la Cédéao est donc cruciale.

Nigeria Abuja 2025 | Drapeaux de la Cédéao lors du 68è sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, en 2025 (illustration)

La Force en attente de la Cédéao : toujours en suspens

De nombreux sujets d’intérêt vital pour les populations ouest-africaines sont à l’ordre du jour, mais certains persistent d’un sommet à l’autre sans réelle avancée.

Un exemple flagrant est la Force en attente de la Cédéao. Annoncée depuis plusieurs années, cette force régionale n’a jamais été pleinement opérationnelle. Elle est pourtant destinée à être un instrument de réaction rapide face au terrorisme, aux crises politiques et aux menaces pesant sur la stabilité de la région. L’Alliance des États du Sahel actualité sécuritaire rend cette force d’autant plus nécessaire.

Les réunions préparatoires des ministres et des responsables de la sécurité, tenues cette semaine à Freetown, témoignent d’une volonté affirmée de plusieurs États d’accélérer sa concrétisation.

Michel Ange Bangoura, chargé de la coopération avec la Cédéao pour la Guinée, affirme : « Sur le plan des institutions de la Cédéao, tout est en ordre sur le papier. Il ne reste qu’à trouver les ressources nécessaires à son déploiement, qu’il s’agisse d’établir l’état-major ou d’assurer que chaque pays contribue au moins à hauteur d’une compagnie. »

Interrogé sur une éventuelle date de mise en œuvre de cette force, Michel Ange Bangoura répond : « Je pense qu’au cours des discussions que nous menons actuellement lors de cette session, il sera question d’un déploiement à brève échéance de ladite force. Ne serait-ce que le regroupement dans un pays qui sera désigné à cet effet. »

Le sommet de la Cédéao devra également se pencher sur les réformes institutionnelles nécessaires pour l’organisation et la restauration de sa crédibilité, mise à mal par plusieurs années de turbulences politiques et de coups d’État dans la région. L’avenir de l’AES Mali Burkina Niger au sein de la dynamique régionale reste un point d’interrogation majeur pour les nouvelles de la Cédéao.