Le gouvernement français a annoncé une décision radicale à l’encontre du Burkina Faso, marquant la fin officielle des relations diplomatiques entre les deux nations. Cette rupture intervient après l’annonce, le 26 juin, par les autorités militaires burkinabè de mettre un terme à leur coopération avec la France.
Dans un communiqué officiel, le ministère français des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires du Burkina Faso à Paris le 30 juin. Lors de cette entrevue, la France a imposé une mesure de rétorsion immédiate : tout le personnel diplomatique burkinabè présent sur le sol français doit quitter le territoire dans un délai de sept jours. Cette décision s’appuie sur le principe de réciprocité, une réponse proportionnelle à la rupture unilatérale décidée par Ouagadougou.
Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées depuis plusieurs mois. Dès 2023, le Burkina Faso avait déjà pris des mesures symboliques fortes : l’expulsion de l’ambassadeur de France, l’annulation des accords de coopération militaire et le retrait des troupes françaises engagées contre les groupes armés dans la région du Sahel.
Paris a également fermement rejeté les allégations portées par le Burkina Faso, selon lesquelles la France soutiendrait des mouvements terroristes. Le Quai d’Orsay a qualifié ces accusations de « totalement infondées », réaffirmant son engagement indéfectible dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. La France a rappelé sa condamnation sans réserve des violences perpétrées à l’encontre des populations civiles dans cette zone.
Face à l’escalade des tensions, le ministère français des Affaires étrangères a recommandé à ses ressortissants présents au Burkina Faso d’adopter une prudence accrue. Selon les chiffres officiels, plus de 2 000 Français vivent actuellement au Burkina Faso, tandis que la communauté burkinabè en France s’élève à plus de 6 000 personnes.
Cette crise diplomatique s’inscrit dans un contexte plus large de reconfiguration des alliances au Sahel. Depuis le coup d’État de septembre 2022 qui a porté le capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir, le Burkina Faso a opéré un virage stratégique en se détournant progressivement de l’Occident. Le gouvernement militaire a multiplié les critiques envers la France, l’accusant d’interférences et de pratiques contraires à ses intérêts souverains.
En réponse à cette rupture, Ouagadougou a renforcé ses partenariats avec d’autres acteurs internationaux, notamment la Russie, la Turquie et l’Iran, marquant ainsi un tournant dans sa politique étrangère.
