Retour de Macky Sall au Sénégal : l’accueil controversé de l’ancien président

Retour de Macky Sall au Sénégal : une visite qui divise l’opinion publique

Le retour de Macky Sall au Sénégal, prévu pour ce vendredi 17 juillet afin de s’entretenir avec le président Bassirou Diomaye Faye, suscite une vague de réactions contrastées. Pour la première fois depuis son départ du pouvoir en avril 2024, l’ancien chef d’État foule à nouveau le sol dakarois dans un contexte où ses deux mandats (2012-2024) sont marqués par des accusations de répression violente lors des manifestations entre 2021 et 2024.

Dès l’annonce de son retour, plusieurs collectifs citoyens ont exprimé leur indignation. Boubacar Sèye, porte-parole d’un mouvement militant, a qualifié cette visite d’« offense intolérable ». « Nous exigeons que la vérité éclate sur les dizaines de victimes et que les responsables rendent des comptes », a-t-il déclaré avec fermeté. Selon lui, le retour de Macky Sall incarne « le retour d’un dirigeant dont l’héritage reste associé à une période sombre de notre histoire récente ».

Retour controversé de Macky Sall au Sénégal en juillet 2026

Entre condamnations et soutiens, une polémique qui s’amplifie

Parmi les détracteurs, le député Guy Marius Sagna, figure de la majorité présidentielle actuelle, n’a pas mâché ses mots. « Accueillir Macky Sall revient à insulter les familles des disparus et les prisonniers politiques », a-t-il dénoncé. À l’inverse, l’Alliance pour la République (APR), parti de l’ancien président, a appelé à un rassemblement massif en sa faveur. Des meetings de soutien sont organisés dès jeudi et vendredi à Dakar, tandis que Macky Sall a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il quitterait le pays « dès la fin de son entretien avec Bassirou Diomaye Faye ».

Une candidature à l’ONU dans l’ombre de la polémique

Cette visite survient alors que Macky Sall brigue le poste de secrétaire général des Nations unies, une candidature portée par le Burundi — actuel président de l’Union africaine — et non par le Sénégal. Interrogée sur cette rencontre, la présidence sénégalaise est restée silencieuse. Le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a cependant tenté de relativiser : « Il s’agit d’une visite tout à fait normale pour un ancien président. Il n’est ni poursuivi, ni condamné, ni même accusé officiellement. »