Que sait-on vraiment du féminicide de Deo à Grigny et de ses zones d’ombre ?

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Une Béninoise de 44 ans, surnommée « Deo », retrouvée sans vie dans un congélateur à Grigny, dans l’Essonne. Trois ans après les faits, son procès s’ouvre sous le feu des projecteurs. Comment cette mère de famille a-t-elle péri ? Quels mensonges ont entouré sa disparition ? Et surtout : qui porte la responsabilité de ce drame glaçant ?

Un corps caché dans un congélateur : l’affaire qui secoue Grigny

En juillet 2023, le quartier de la Grande Borne à Grigny est sous le choc. Armale Aïvohozin, une mère béninoise de 44 ans, disparaît dans des circonstances troublantes. Dernière fois vue auprès de son compagnon, elle ne donne plus signe de vie. C’est son fils aîné, inquiet, qui alerte les autorités. Le 22 juillet 2023, les enquêteurs découvrent une scène macabre : le corps de la victime dissimulé dans un congélateur, installé au-dessus de la boucherie de son compagnon. L’autopsie révèle deux blessures par balle, preuve irréfutable d’un drame.

Les derniers instants de Deo : entre mensonges et disparition

Les enquêteurs reconstituent progressivement les dernières heures de la victime. Son fils, alors âgé de 27 ans, témoigne sous le choc. Il raconte comment il a tenté de joindre sa mère, puis s’est rendu sur place, là où elle avait été vue pour la dernière fois. Un homme, se présentant comme le compagnon de Deo, lui aurait assuré qu’elle était partie en voiture avec chauffeur. Une version des faits rapidement démentie par les faits.

La disparition de cette Béninoise, connue et appréciée dans son quartier, avait suscité une mobilisation immédiate. Les recherches policières, menées dans l’urgence, mènent à la découverte la plus sombre : un corps caché, comme pour effacer toute trace du crime.

Un procès sous le signe du doute : accident ou féminicide ?

L’accusé maintient sa version : des tirs accidentels

Au cœur du procès qui s’ouvre devant la cour d’assises de l’Essonne, une question cruciale : comment Armale Aïvohozin est-elle morte ? L’accusé, son compagnon, reconnaît avoir tiré, mais insiste sur le caractère accidentel des coups de feu. Une affirmation qui ne convainc pas la famille, ni les proches de la victime. D’autant que les investigations révèlent un passé de jalousie et de menaces : l’homme aurait à plusieurs reprises proféré des promesses de suicide si sa compagne venait à le quitter.

Les débats doivent permettre de faire la lumière sur les motivations réelles de l’accusé. La justice devra trancher : un drame involontaire ou un féminicide prémédité ?

Un second accusé pour entrave à la justice

Cette affaire ne s’arrête pas au premier suspect. Un deuxième homme est jugé pour recel de cadavre et modification de la scène de crime. Son rôle présumé dans la dissimulation du corps dans le congélateur soulève une question supplémentaire : qui a participé à effacer les preuves ? Les débats permettront d’éclaircir les responsabilités de chacun et les circonstances exactes de la dissimulation.

La famille en quête de vérité : un procès pour rendre justice

Pour les proches d’Armale Aïvohozin, ce procès représente bien plus qu’une simple procédure judiciaire. C’est une quête de vérité, trois ans après les faits. La famille attend des réponses précises sur les derniers moments de Deo, mais aussi sur les raisons de sa mort. Son fils aîné, dont le témoignage a marqué l’ouverture du procès, incarne l’espoir d’une justice rendue. Dans un silence lourd de larmes et d’émotion, il a évoqué les derniers instants passés avec sa mère, et l’inquiétude grandissante qui l’a poussé à agir.

Le verdict, attendu pour le 4 novembre 2026, pourrait enfin apporter des éléments concrets sur ce qui s’est réellement passé à Grigny. Une issue judiciaire qui, pour beaucoup, reste la seule manière de rendre justice à cette mère de famille béninoise.

Un drame qui rappelle l’urgence de lutter contre les violences conjugales

Au-delà des circonstances sordides de cette affaire, le féminicide présumé d’Armale Aïvohozin est un rappel glaçant de la réalité des violences faites aux femmes. Même dans les quartiers les plus ordinaires, les drames se jouent parfois derrière des portes closes. Ce procès doit servir de leçon : lutter contre l’impunité, briser les silences, et protéger celles et ceux qui en ont le plus besoin. Parce que chaque vie compte, et que chaque féminicide est une défaite pour la société toute entière.

L’accusé, lui, reste présumé innocent jusqu’à une éventuelle condamnation définitive. Mais pour la famille de Deo, la justice doit parler. Et elle doit parler fort.

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A propos Harouna Traoré

Journaliste & Fondateur — Directeur de la Publication à Zone AES. Formé à l'Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, Harouna Traoré a arpenté les provinces du Burkina Faso, du Mali et du Niger pendant plus d'une décennie. Convaincu que l'actualité de proximité est la clé de la cohésion sahélienne, il dirige la ligne éditoriale de Zone AES avec une exigence de transparence et d'indépendance sans concession.
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