Le plan humanitaire 2026 en RDC révisé face à l’épidémie d’Ebola
L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC), avec l’Ituri comme épicentre, a contraint les autorités et les partenaires humanitaires à réajuster le plan humanitaire 2026. Objectif : renforcer l’assistance aux populations vulnérables dans un contexte marqué par des conflits armés et une dégradation continue de la situation sécuritaire.
Une épidémie d’Ebola qui aggrave les besoins humanitaires
Détectée début mai 2026 à Bunia, dans la province de l’Ituri, l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE) due à la souche Bundibugyo s’est rapidement propagée aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les zones de santé de Bunia, Rwampara et Mongwalu en Ituri concentrent les foyers les plus actifs. Cette flambée épidémique, combinée aux violences persistantes et aux catastrophes naturelles, a profondément modifié les priorités de la réponse humanitaire.
Face à cette situation, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA/RDC) a procédé à une révision ciblée du Plan de réponse humanitaire 2026 (HNRP). Cette adaptation vise à actualiser l’analyse des besoins, réévaluer les conditions de sécurité et redéfinir les priorités stratégiques pour une réponse plus efficace.
10,8 millions de personnes ciblées et un financement revu à la hausse
Initialement, le plan humanitaire 2026 prévoyait d’apporter une assistance à 7,3 millions de personnes parmi les plus vulnérables. Cependant, en raison de la dégradation rapide de la situation et de l’épidémie d’Ebola, le nombre de personnes dans le besoin a été révisé à 18,5 millions. Pour répondre à cette urgence, le nouveau plan cible désormais 10,8 millions de personnes, avec un financement requis estimé à 2,13 milliards de dollars américains.
Ce réajustement répond aux préoccupations exprimées par le gouvernement congolais, notamment par la ministre d’État en charge des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, Eve Bazaiba. Elle avait souligné la nécessité de réorganiser les priorités en raison du manque de financements humanitaires et de l’impact de l’épidémie d’Ebola sur les populations.
Un contexte humanitaire de plus en plus préoccupant
L’épidémie d’Ebola agit comme un facteur aggravant des vulnérabilités existantes en RDC. Elle amplifie les besoins humanitaires et complexifie les opérations de réponse. Selon OCHA/RDC, cette situation nécessite une révision ciblée du HNRP pour mieux adapter la réponse aux réalités du terrain.
Parallèlement, la situation sécuritaire dans l’est du pays continue de se détériorer, avec des évolutions significatives observées entre décembre 2025 et mars 2026 dans plusieurs zones de santé du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les Coordinations opérationnelles humanitaires provinciales (COHP) de ces provinces ont dû réviser les niveaux de sévérité des besoins dans les zones où la situation s’est dégradée.
L’insécurité alimentaire aiguë s’est également aggravée dans plusieurs régions du pays, comme le confirment les résultats de l’analyse IPC sur l’insécurité alimentaire réalisée en mars 2026. Cette situation a entraîné une augmentation du nombre de personnes nécessitant une assistance humanitaire. En outre, la RDC fait face à une recrudescence du choléra, ajoutant une pression supplémentaire sur le système de santé déjà fragilisé.
Un appel à la mobilisation internationale
La pénurie de financements au niveau international, notamment la suspension du financement de l’aide humanitaire par les États-Unis, a eu des conséquences dramatiques en RDC, en particulier dans l’Est du pays. Le Plan de réponse humanitaire 2025 pour la RDC, estimé à 2,54 milliards de dollars, était resté largement sous-financé alors que les besoins ne cessaient d’augmenter.
James Swan, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, avait alerté lors de son intervention devant le Conseil de sécurité des Nations Unies le 26 juin 2026 : le Plan de réponse humanitaire 2026, lancé en janvier, avait atteint un taux de financement de 53,3 %. Il avait appelé les partenaires internationaux à mobiliser les ressources restantes pour répondre aux besoins humanitaires croissants en RDC.
Le plan humanitaire des Nations Unies pour 2026 vise globalement à apporter une assistance à 87 millions de personnes et nécessite un financement de 23 milliards de dollars. Bien que les États-Unis aient apporté une contribution qualifiée d’historique, la situation exige une refonte du modèle humanitaire international pour faire face aux défis actuels.
Face à l’ampleur des besoins et à la dégradation continue de la situation, la révision du plan humanitaire 2026 en RDC s’impose comme une nécessité pour sauver des vies et atténuer les souffrances des populations les plus vulnérables.
