pénurie de carburant à Ségou : une crise qui paralyse le Mali central
Depuis plusieurs mois, la ville de Ségou, située à plus de 200 kilomètres au nord-est de Bamako, subit une pénurie chronique d’essence. Cette situation, aggravée par des ruptures de stock et une flambée des prix, asphyxie progressivement l’activité économique locale et bouleverse le quotidien des habitants.
Un approvisionnement irrégulier et insuffisant
Ségou dépend exclusivement des convois de carburant escortés par les Forces armées maliennes (FAMa), qui ne circulent que deux à trois fois par mois en raison de l’insécurité persistante dans la région. À chaque livraison, une dizaine de camions-citernes arrivent en ville, mais la majorité du carburant est immédiatement réservée aux industries locales et à Énergie du Mali (EDM), la société nationale d’électricité. Résultat : seulement trois ou quatre camions alimentent les stations-service, dont les réserves sont épuisées en moins de deux jours.
Les habitants dénoncent des ruptures de stock systématiques et réclament un approvisionnement plus régulier. La situation favorise également l’émergence d’un marché noir où les prix explosent, aggravant encore la précarité des ménages.
Le marché noir, symptôme d’une crise non maîtrisée
Dès que les stations-service sont à sec, des vendeurs informels prennent le relais. Dans les quartiers de Ségou, le litre d’essence se négocie entre 2 000 et 5 000 francs CFA, soit deux à cinq fois le prix officiel. Cette hausse des tarifs pénalise lourdement les déplacements quotidiens, notamment ceux des élèves, des enseignants et des travailleurs.
Les habitants s’interrogent sur l’origine du carburant écoulé illégalement. Beaucoup estiment que des opportunistes profitent de la crise pour réaliser des profits exorbitants, en toute impunité. Cette situation alimente un climat de mécontentement et de frustration au sein de la population.
Une économie locale en souffrance
La pénurie de carburant a des répercussions dramatiques sur l’économie de Ségou. Les principales artères de la ville enregistrent une baisse notable d’activité, tandis que les transports en commun, comme les katakatani (tricycles), voient leurs tarifs doubler, passant de 100 à 200 francs CFA. Cette hausse des coûts de transport complique encore davantage la vie des habitants, déjà fragilisés par la crise.
Face à cette situation, les FAMa multiplient les patrouilles et les contrôles sur les axes routiers pour intercepter les véhicules transportant d’importantes quantités de carburant vers des zones éloignées. Malgré ces efforts, les habitants réclament une solution durable pour mettre fin à une crise qui s’aggrave chaque jour.
