Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye : un appel au dialogue pour apaiser le Sénégal
Dans un geste inédit depuis sa destitution du poste de Premier ministre le 22 mai dernier, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a proposé mardi un dialogue constructif au président Bassirou Diomaye Faye. Malgré des désaccords profonds entre leurs visions politiques, le leader du Pastef a clairement indiqué que son parti ne cherchera pas à destabiliser le nouvel exécutif.
Sonko dénonce un gouvernement « dépourvu de légitimité »
Lors de sa première intervention publique depuis son éviction, Ousmane Sonko a vivement critiqué la composition du gouvernement nommé par Bassirou Diomaye Faye. « Un État se gouverne avec sérieux, un gouvernement doit être bâti sur des fondations solides », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Dakar. Selon lui, l’exécutif actuel manque cruellement de « légitimité politique organisée », soulignant que le Pastef détient une majorité écrasante à l’Assemblée nationale avec 130 sièges sur 165.
Mes chers compatriotes,
— Ousmane Sonko (@SonkoOfficiel) June 2, 2026
Nous vous donnons rendez-vous ce mardi 2 juin 2026 à 17h pour une déclaration de presse. pic.twitter.com/bLOGjdj23c
Un soutien conditionnel à l’exécutif pour garantir la stabilité
Malgré ses critiques acerbes, Ousmane Sonko a réaffirmé que le Pastef ne comptait pas user de ses prérogatives pour renverser le gouvernement. « En 72 heures, notre parti pourrait faire tomber cette administration. Pourtant, nous choisissons de ne pas le faire. Nous accompagnerons l’exécutif », a-t-il assuré. Son objectif ? Préserver la stabilité du pays, rassurer les investisseurs et éviter une nouvelle phase d’instabilité politique qui plomberait l’économie nationale.
L’appel à la raison pour éviter le retour des tensions
Face aux frictions entre les deux figures clés du paysage politique sénégalais, Sonko a lancé un appel pressant à un « dialogue politique mature et productif ». « Il est crucial d’éviter de replonger le Sénégal dans les tourments qu’il a connus entre 2021 et 2024 », a-t-il mis en garde, en référence aux violentes émeutes qui ont marqué cette période. Tout en pointant du doigt des « tentatives de déstabilisation » envers ses partisans, il a également enjoint la jeunesse à garder son calme, rappelant que « la paix ne peut s’instaurer sans l’implication de tous ».
