Le sud-ouest du Nigéria est sous le choc. Au moins 48 personnes sont mortes et près de 180 autres ont été gravement intoxiquées après avoir bu de l’alcool artisanal frelaté au méthanol dans l’État d’Ondo. Un bilan humain très lourd qui met en lumière les dangers du commerce informel de boissons alcoolisées.
Une intoxication massive dans deux zones locales
Les autorités sanitaires locales et l’Agence nationale pour l’administration et le contrôle des aliments et des médicaments (NAFDAC) ont indiqué que la majorité des cas se concentrent dans les zones de gouvernement local d’Odigbo et d’Irele. Les analyses toxicologiques ont confirmé la présence de doses massives de méthanol dans plusieurs lots de boissons artisanales saisies, dont une préparation très répandue appelée localement « Monkey Tail ».
Le méthanol, un poison industriel mortel
Le méthanol est un alcool d’origine industrielle utilisé comme solvant ou carburant. Extrêmement toxique pour l’être humain, il peut provoquer la mort ou des séquelles irréversibles. Parmi les rescapés hospitalisés, plusieurs dizaines souffrent de complications graves, notamment des cécités définitives et des défaillances rénales aiguës.
Quinze arrestations et traque des réseaux clandestins
Face à l’ampleur de la crise, les forces de l’ordre ont réagi rapidement. Au moins quinze suspects ont été arrêtés par la police d’Ondo pour leur implication présumée dans la fabrication, le coupage et la distribution de ces liqueurs frelatées. Les autorités ont intensifié les descentes sur les marchés locaux et les points de vente informels pour confisquer les stocks suspects et fermer les distilleries clandestines.
Appel à la vigilance de la population
La NAFDAC et le ministère de la Santé de l’État d’Ondo ont lancé un appel pressant à la population, exhortant les citoyens à s’abstenir de consommer toute boisson alcoolisée artisanale ou vendue en dehors des circuits de distribution agréés. Ce drame rappelle une nouvelle fois les risques sanitaires majeurs liés au commerce informel de liqueurs frelatées à bas coût, un phénomène récurrent dans plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest où ces boissons sont prisées pour leur prix abordable.
