Né le 20 septembre 1926 à Ouidah, Olympe Bhêly-Quenum a atteint l’âge de 100 ans. Écrivain, journaliste et critique littéraire, il demeure l’une des figures majeures de la littérature d’expression française de la seconde moitié du XXe siècle. Retour sur un parcours hors norme.
Une enfance ancrée dans les traditions et l’histoire
C’est à Gléxwé, plus connu sous le nom de Ouidah, que l’auteur voit le jour. Ce berceau de la culture et du culte Vodoun l’immerge très tôt dans un univers spirituel et culturel. Élevé auprès d’une mère Grande Prêtresse du Vodoun, au sein d’une famille noble liée à l’histoire du royaume du Dahomey, il puise dans cet environnement une matière qui marquera durablement toute son œuvre. Le sacré, le réalisme social et le mysticisme africain s’y côtoient de manière indissociable.
Une œuvre littéraire fondatrice
Après des études poursuivies au Bénin puis en France, Olympe Bhêly-Quenum s’impose sur la scène littéraire avec des textes devenus des références :
- Un piège sans fin (1960) : premier roman emblématique, ce drame poignant sur le destin et la condition humaine est aujourd’hui étudié dans les lycées et universités du continent.
- Le Chant du lac (1965) : couronné par le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire en 1966, ce roman interroge la lutte entre le progrès, la rupture démystificatrice et les croyances ancestrales autour du lac Nokoué.
- La Naissance d’Abikou (1998) : un voyage littéraire qui explore la figure mythique de l’enfant-esprit dans la cosmogonie yoruba et fon.
Un journaliste et passeur de culture
Au-delà de ses romans et nouvelles, Olympe Bhêly-Quenum a joué un rôle pionnier dans la presse culturelle africaine. Directeur et rédacteur en chef du magazine La Vie Africaine, puis fondateur de L’Afrique Actuelle, il a servi de pont intellectuel entre les auteurs du continent et le reste du monde. Son combat : la revalorisation du patrimoine africain.
Un héritage vivant
En célébrant ses 100 ans, le doyen des lettres béninoises laisse une empreinte durable. Son œuvre continue d’inspirer les nouvelles générations d’écrivains.
