Nigeria : la police promet un scrutin sous haute sécurité et neutre

À l’approche de la présidentielle nigériane, la police multiplie les promesses. Sécurité, neutralité, technologie : voici l’essentiel du dispositif annoncé pour le jour du vote.

Une neutralité affichée comme une priorité absolue

L’Inspecteur Général de la Police, Olatunji Disu, et ses états-majors régionaux l’ont affirmé publiquement : le scrutin sera « libre, juste et transparent ». Pour tenter de tourner la page des accusations de partialité, la direction promet une stricte impartialité de ses agents, des campagnes jusqu’au décompte des voix. Un dispositif d’audit interne, supervisé par le porte-parole de la police, DCP Anthony Placid, et des sanctions disciplinaires sévères sont annoncés contre tout manquement à ce devoir de neutralité.

Un déploiement massif sur l’ensemble du territoire

Pour sécuriser le vote dans un pays vaste et marqué par plusieurs foyers d’instabilité — banditisme au Nord-Ouest, insurrection djihadiste au Nord-Est, tensions indépendantistes et criminelles au Sud-Est —, la police promet une présence exceptionnelle. Objectif : prévenir les bourrages d’urnes, le vol de matériel électoral et les intimidations d’électeurs. Les patrouilles mobiles seront renforcées sur les grands axes routiers et autour des centres de dépouillement stratégiques. Une synergie inter-agences est également prévue avec les forces armées dirigées par le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Waidi Shaibu, le Corps de sécurité et de défense civile (NSCDC) et les services de renseignement orchestrés par le Conseiller à la sécurité nationale, Nuhu Ribadu, pour verrouiller les zones à haut risque.

Technologie et tolérance zéro contre l’achat de voix

Sous l’impulsion du ministre des Affaires policières, Ibrahim Gaidam, la Nigeria Police Force mise sur la modernisation. Outils de surveillance numérique et renseignement opérationnel renforcé doivent permettre de neutraliser les réseaux d’achat de voix, une pratique récurrente lors des scrutins précédents. Des unités spécialisées anticorruption seront déployées en soutien aux enquêteurs.

Entre espoirs et scepticisme

Ces engagements solennels visent à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions. Mais la société civile et l’opposition restent vigilantes. L’efficacité réelle du dispositif dépendra de la capacité des forces de l’ordre à passer des paroles aux actes, dans un contexte sécuritaire volatile. Les observateurs le rappellent : la crédibilité de la future élection reposera largement sur la protection de chaque citoyen venu accomplir son devoir civique.

About Harouna Traoré

Correspondant régional

View all posts by Harouna Traoré →