Disparition de Moussa Kaka à Niamey : les faits
Le journaliste nigérien Moussa Kaka, directeur général de Radio Télévision Saraounia (RTS) et ancien correspondant emblématique de RFI, est introuvable depuis plusieurs semaines. Il a quitté son domicile à Niamey sans donner de signe de vie. Aucune autorité de transition n’a signalé de motif d’interpellation officiel. Les démarches des proches auprès des services de sécurité et des commissariats de la capitale sont restées vaines.
Qui est Moussa Kaka ?
Figure historique de l’information au Sahel, Moussa Kaka est reconnu pour son traitement rigoureux des questions de sécurité, des crises politiques et des dynamiques communautaires complexes dans la bande sahélo-saharienne. Sa carrière, marquée par des enquêtes approfondies et un accès privilégié aux acteurs de terrain, lui a valu d’être exposé à plusieurs reprises aux pressions de différents régimes.
RSF monte au créneau et exige des réponses
Reporters sans frontières (RSF) a réagi immédiatement. Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique de l’Ouest de RSF, s’est exprimé sur les ondes d’Africa Radio. Il a qualifié la situation de rétention ou de disparition forcée préoccupante.
« La disparition de Moussa Kaka est un signal extrêmement alarmant pour l’ensemble du paysage médiatique nigérien et sahélien. Nous demandons instamment aux autorités nigériennes de faire toute la lumière sur sa situation, de préciser s’il est détenu par des services de renseignement et de garantir son intégrité physique et sa libération immédiate », a déclaré Sadibou Marong.
L’organisation rappelle que la protection des professionnels de l’information incombe au gouvernement de transition. Le travail d’information ne saurait être assimilé à un acte de déstabilisation.
Un paysage médiatique sous haute pression dans l’AES
Cette affaire s’inscrit dans un contexte difficile pour le journalisme au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Depuis l’arrivée des régimes de transition militaire, l’espace civique et médiatique subit des restrictions croissantes : suspension de médias internationaux, intimidations, interpellations arbitraires d’acteurs de la société civile et autocensure forcée pour les journalistes locaux.
Pour la profession au Niger, le cas de Moussa Kaka illustre une dégradation préoccupante des garanties d’exercice du métier. Alors que la sous-région affronte d’immenses défis sécuritaires et économiques, la disparition de l’une de ses voix les plus respectées assombrit l’avenir du droit d’informer librement à Niamey.
