Le CNSP a adopté une ordonnance qui encadre strictement la presse électronique et les médias étrangers. Objectif affiché : protéger la souveraineté numérique. Dans les faits, ce texte instaure un contrôle étatique sur les sources d’information indépendantes.
Un cadre juridique taillé pour le contrôle
L’ordonnance sur la presse électronique permet à l’État de définir lui-même ce qui constitue une « fausse information ». Les plateformes en ligne, derniers espaces de liberté, sont désormais sous surveillance. La notion de « responsabilité professionnelle » devient un outil de conformisme.
Qui décidera de la véracité ?
Ni un juge indépendant ni une autorité de régulation neutre. C’est l’appareil militaire qui tranchera. Une dérive qui étouffe le débat public.
Accréditation : un filtrage des regards extérieurs
Le second volet vise les correspondants étrangers. Les termes « procédure d’accréditation », « identification », « traçabilité » masquent un fichage systématique. Niamey veut choisir ses témoins et imposer son récit, fermant la porte à toute analyse critique.
Un huis clos médiatique
Seules les versions estampillées par le pouvoir auront droit de cité. La presse internationale est réduite à un rôle de figuration.
Une souveraineté mal comprise
Confondre souveraineté d’un peuple et monopole de la parole gouvernementale est une faute politique. Un État qui craint la contradiction révèle ses fragilités. En verrouillant l’information, le Niger s’isole et condamne sa population au silence ou à la clandestinité.
L’information n’est pas une menace : elle est le miroir d’une démocratie. Le CNSP vient de le briser.
