Maroc : le plan d’autonomie du Sahara au cœur des discussions à l’ONU
Lors d’un séminaire international organisé à New York, le représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, a mis en avant les garanties de mise en œuvre du plan d’autonomie proposé pour le Sahara. Cette rencontre, réunissant experts et universitaires, s’est tenue dans un contexte diplomatique marqué par l’adoption récente de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité.
Omar Hilale a souligné que ce séminaire s’inscrivait dans un moment clé pour le dossier du Sahara, après l’adoption de la résolution 2797, qui consacre le plan d’autonomie marocain comme la seule base crédible pour une solution politique durable. Selon lui, cette résolution représente un tournant historique, confirmant la reconnaissance internationale du cadre proposé.
Le diplomate a également rappelé que plus de 130 États membres de l’ONU, dont trois membres permanents du Conseil de sécurité, soutiennent ce plan. Il a lié cette dynamique au développement tangible des provinces du Sud, illustrant la viabilité du projet à travers des infrastructures, des énergies renouvelables et des investissements concrets.
Un projet de gouvernance ancré dans la réalité
Le plan d’autonomie marocain ne se limite pas à un discours politique, a insisté Omar Hilale. Il s’agit d’un projet de gouvernance complet, doté de garanties constitutionnelles et démocratiques. Les populations du Sahara seraient ainsi en mesure de gérer leurs affaires locales via des organes législatifs, exécutifs et judiciaires autonomes.
Le thème central du séminaire, « dans une autonomie négociée, il n’y a pas de valeur sans garanties », a servi de fil conducteur aux échanges. L’initiative prévoit une autonomie négociée, avec une participation active des populations concernées et des mécanismes de consultation référendaire.
Comparaisons internationales : les enseignements des modèles existants
Marc Finaud, modérateur du séminaire et chercheur au Centre de politique de sécurité de Genève, a rappelé que l’initiative marocaine avait été déposée en 2007. L’objectif de cette rencontre académique était d’éclairer le processus onusien par des comparaisons avec d’autres expériences d’autonomie à travers le monde.
Parmi les cas étudiés :
- Rapa Nui (Île de Pâques, Chili) : un processus d’autonomie inachevé, marqué par des décennies de discussions. Cette expérience a mis en lumière l’importance cruciale de la consultation des populations locales, un principe central dans le plan marocain.
- Polynésie française : un modèle où l’autonomie est principalement administrative, contrairement au Sahara, où le plan marocain prévoit un pouvoir législatif autonome.
- Îles Åland (Finlande) : un statut autonome encadré par des garanties constitutionnelles strictes, comme la protection de la langue suédoise et des mécanismes de contrôle pour éviter toute remise en cause unilatérale.
- Haut-Badakhchan (Tadjikistan) : une autonomie constitutionnelle, mais limitée en pratique par la centralisation du pouvoir. Cette expérience a rappelé l’importance de garanties concrètes pour éviter que l’autonomie ne reste lettre morte.
Des garanties pour une autonomie pérenne
Les intervenants ont souligné plusieurs éléments clés pour assurer la durabilité d’un statut d’autonomie :
- Une inscription constitutionnelle solide
- Des ressources financières suffisantes pour exercer les compétences locales
- Des mécanismes de règlement des différends
- Une protection contre toute remise en cause unilatérale
- Une mise en œuvre négociée et progressive
Dans le cas du Sahara, ces garanties sont déjà intégrées au plan marocain, a conclu Marc Finaud. L’autonomie proposée s’appuie sur un ancrage constitutionnel, une gouvernance démocratique et une reconnaissance internationale, renforçant sa crédibilité à long terme.
