Une étude révèle les risques économiques majeurs pour le Maroc
Une analyse récente met en lumière les conséquences potentielles d’un conflit autour du détroit d’Hormuz sur l’économie marocaine. Selon les experts du Policy Center for the New South, ce pays d’Afrique du Nord apparaît comme le plus exposé aux répercussions d’un choc pétrolier dans cette région stratégique.
Un passage maritime au cœur des tensions géopolitiques
Le détroit d’Hormuz, par lequel transite une part majeure des approvisionnements énergétiques mondiaux, est au centre d’une crise aux ramifications complexes. Les tensions entre l’Iran, les États-Unis et d’autres acteurs régionaux pourraient perturber gravement les flux de pétrole, de gaz et de marchandises, avec des conséquences en cascade pour les économies dépendantes de ces échanges.
Les secteurs marocains les plus menacés
L’étude, publiée dans l’ouvrage « Hormuz and the Invisible Fractures: the Price of a Distant War », révèle que plusieurs secteurs clés de l’économie marocaine seraient particulièrement affectés par une hausse des prix de l’énergie. Parmi eux :
- L’agriculture, fortement consommatrice d’énergie pour l’irrigation et les engrais ;
- La construction, dépendante des matériaux et des coûts logistiques ;
- Les transports, dont les tarifs pourraient exploser en cas de flambée des prix du carburant ;
- Les industries utilisant des produits pétroliers comme matière première ou source d’énergie.
Les auteurs soulignent que, dans un scénario de crise à Hormuz, le Maroc subirait des pertes bien plus importantes que ses voisins comme l’Égypte ou la Tunisie. Si cette dernière pourrait absorber partiellement le choc grâce à des recettes énergétiques, le royaume chérifien, en revanche, verrait ses déficits s’aggraver et sa croissance ralentir.
Un monde en mutation : les leçons d’une crise lointaine
Au-delà des chiffres économiques, les chercheurs s’interrogent sur les répercussions géopolitiques de ce conflit. Plusieurs experts, dont Ferid Belhaj et Marcus Vinicius de Freitas, estiment que la crise de 2026 marque un tournant dans l’ordre mondial. Elle révèle :
- Un affaiblissement des mécanismes traditionnels de coopération internationale ;
- Une fragmentation croissante du système mondial ;
- L’émergence d’un équilibre plus multipolaire, où les conflits sont gérés plutôt que résolus.
Les relations transatlantiques, notamment entre les États-Unis et l’Europe, seraient également mises à l’épreuve, avec des divergences accrues sur la gestion des crises internationales.
Des enjeux bien au-delà de l’Afrique
Les auteurs de l’étude ne se limitent pas à l’Afrique du Nord. Ils soulignent les risques pour la sécurité énergétique du continent africain, les équilibres fragiles du Sahel, et même les économies d’Amérique du Sud. Les minerais stratégiques, en particulier, gagneraient en importance dans les nouvelles dynamiques géopolitiques.
Pour le Maroc, cette analyse représente un avertissement. Face à une économie mondialisée et interconnectée, le pays doit se préparer à des chocs externes dont l’ampleur pourrait dépasser ses capacités de résilience actuelles.
