L'économie marocaine a enregistré sa plus forte croissance depuis près d’une décennie en 2025, avec une progression de 4,9% du PIB. Cependant, derrière cette progression apparaît un important décalage : l’investissement a bondi de 16,3%, tandis que la consommation des ménages n’a augmenté que de 1,2%. La Banque mondiale relève également une reprise progressive des investissements privés.
Les grands chantiers tirent la croissance, notamment ceux engagés dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde 2030. La construction a ainsi enregistré une croissance de 6,7%.
La consommation privée suit une trajectoire très différente, avec une progression de 1,2% en 2025, après une hausse déjà très élevée de 4,7% en 2023. Les ménages n’ont donc pas réduit leurs dépenses, mais celles-ci ont progressé beaucoup moins rapidement que les investissements et que l’ensemble de l’économie.
La situation révèle une croissance encore très dépendante de la commande publique et des grands chantiers. Les retombées de cette dynamique ne se traduisent pas encore par une accélération comparable de la consommation des familles marocaines.
La Banque mondiale s’attend à un rééquilibrage progressif, avec une croissance de la consommation privée qui pourrait atteindre 4,8% à l’horizon 2028.
