Mali : peut-on encore compter sur la CEDEAO malgré les tensions pour l’électricité ?

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Une question cruciale pour l’avenir énergétique du Mali

Le Mali a rompu ses liens politiques avec la CEDEAO, mais un projet d’électrification majeur mené par l’organisation continue de transformer le quotidien des Maliens. Comment expliquer cette persistance malgré les fractures diplomatiques ?

Un projet d’envergure lancé avant la crise

Baptisé Projet régional d’accès à l’électricité de la CEDEAO (ECOWAS-REAP), ce programme a vu le jour en 2019. Son objectif ? Améliorer l’accès à l’électricité dans plusieurs pays ouest-africains, dont le Mali. Financé à hauteur de 225 millions de dollars par la Banque mondiale, il vise à renforcer les infrastructures énergétiques locales.

Des résultats concrets pour les populations maliennes

Malgré les tensions politiques, le projet a déjà produit des résultats tangibles au Mali. Selon les dernières évaluations, 490 localités ont été raccordées au réseau électrique, offrant un accès ou une amélioration de service à près de 500 000 personnes. Une avancée majeure dans un pays où l’électrification reste un défi.

Une coordination technique maintenue malgré tout

Lors de la dernière réunion du comité de pilotage à Abuja, au Nigeria, les responsables du projet ont fait le point sur les progrès réalisés. La présence de représentants d’Énergie du Mali (EDM-SA) a confirmé la poursuite de la coopération technique, malgré le retrait politique du Mali de la CEDEAO.

Un pragmatisme qui défie les ruptures diplomatiques

Le départ du Mali de la CEDEAO en 2024 avait marqué un tournant dans les relations régionales. Pourtant, le projet d’électrification n’a pas été abandonné. Les autorités maliennes continuent de participer à son suivi, tandis que la CEDEAO en assure toujours la coordination. Une situation qui illustre la capacité des projets de développement à survivre aux tensions politiques.

Un financement partagé, des bénéfices collectifs

Il est important de préciser que les 225 millions de dollars alloués par la Banque mondiale financent l’intégralité du projet. La CEDEAO, quant à elle, en assure uniquement la coordination régionale. Ce modèle hybride permet de maintenir les activités, même en cas de rupture institutionnelle.

L’électricité, un levier de développement incontournable

Pour le Mali, l’accès à l’électricité reste une priorité absolue. Dans un contexte marqué par des défis économiques et sécuritaires, ce projet représente une opportunité majeure pour stimuler l’économie locale, améliorer les services publics et renforcer la résilience des communautés.

Les défis persistants et les demandes des autorités

Le directeur national de l’Énergie du Mali, Oussouby Mary dit Ousmane Diarra, a salué l’impact du projet tout en soulignant les obstacles rencontrés. Des contraintes sécuritaires et des retards contractuels ont ralenti certaines activités. Il a ainsi demandé une prolongation de 30 mois pour finaliser les travaux, une requête actuellement à l’étude par la Banque mondiale.

Une coopération qui transcende les clivages

Le cas du Mali pose une question fondamentale : les projets de développement peuvent-ils persister malgré les ruptures politiques ? La réponse semble affirmative. Les infrastructures créées, les engagements financiers et les besoins des populations constituent des ponts suffisants pour maintenir une collaboration technique, même en période de tensions.

Les enjeux pour l’avenir

Pour la CEDEAO, l’enjeu désormais est de garantir la pérennité des installations et de transférer leur gestion aux sociétés nationales d’électricité. Pour le Mali, l’objectif reste inchangé : améliorer durablement l’accès à l’énergie, indépendamment des aléas politiques. Une preuve que les intérêts des populations peuvent l’emporter sur les divisions institutionnelles.

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A propos Safiatou Sanou

Journaliste Société & Droits Humains à Zone AES. Attachée aux réalités vécues par les populations, Safiatou Sanou couvre les initiatives communautaires, l'accès à l'éducation et la solidarité sahélienne, en donnant une voix aux acteurs du terrain.
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