
Dans la localité de Tonka, située dans la région de Tombouctou au Mali, l’horreur a de nouveau frappé. Abdoul Salam Maïga, un respecté maître coranique dirigeant une medersa locale, a été brutalement assassiné par des éléments du Jnim. Alors qu’il participait paisiblement à un « grin », un rassemblement de discussion traditionnel près du marché, des jihadistes armés ont fait irruption, l’enlevant de force. Peu après, les assaillants sont réapparus, les yeux d’Abdoul Salam Maïga bandés, pour procéder à son exécution publique par balles.
Les motivations derrière cet acte barbare restent sujettes à diverses interprétations. Certains penchent pour des divergences d’ordre religieux, suggérant que le maître coranique aurait pu refuser de collaborer avec le groupe extrémiste. Toutefois, la majorité des témoignages recueillis indiquent que l’assassinat serait plutôt lié à une suspicion de proximité avec l’armée malienne, une accusation souvent fatale dans cette zone Sahel sous tension.
Ce drame s’inscrit malheureusement dans une série d’assassinats ciblés qui endeuillent la région de Tombouctou. En novembre dernier, le Mali et la commune de Tonka avaient déjà été secoués par l’exécution de Mariam Cissé, une jeune influenceuse TikTok connue pour son soutien affiché aux forces armées maliennes. Son assassinat public par des jihadistes avait alors suscité une vague d’indignation et un élan de patriotisme à travers le pays.
Plus récemment, fin mars, Amadou Baby, un responsable d’une organisation de jeunes de Tonka, a également été abattu en pleine rue. L’association dont il était membre était soupçonnée par le Jnim de fournir des informations aux forces maliennes. Il est à noter que, malgré ces accusations, la ville de Tonka ne dispose pas de camp militaire, rendant la situation encore plus complexe et dangereuse pour ses habitants.
Ces exécutions successives, touchant des personnalités locales, provoquent un profond émoi parmi les populations de Tonka, Diré, Goundam et Tombouctou. L’insécurité persistante et la brutalité des actions des groupes armés, comme le Jnim, créent un climat de peur et d’incertitude dans toute la région, laissant les habitants choqués et en quête de réponses face à cette recrudescence de la violence.
