Le général François Olenga n’est plus sous le coup des mesures américaines. L’OFAC a retiré son nom ainsi que celui de son complexe Safari Club de la liste des sanctions du Trésor des États-Unis, mettant un terme à neuf années de gel et d’interdictions.
L’information a été confirmée par son conseil, Me Aimé Kilolo Musamba, dans un communiqué daté du 23 septembre et diffusé le vendredi 25 septembre. Le général quatre étoiles à la retraite peut désormais traiter avec des interlocuteurs américains, tout comme son établissement touristique Safari Beach, situé à la N’sele.
Sanctions levées : ce que la notification du Trésor américain autorise à nouveau
Concrètement, la décision de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) replace François Olenga hors du périmètre restrictif qui encadrait ses activités depuis 2017. Fini le gel de ses éventuels avoirs placés aux États-Unis et l’interdiction de voyager vers le territoire américain. Son club, le Safari Club, retrouve lui aussi le droit de nouer des relations d’affaires avec des personnes ou des entités basées aux États-Unis.
Neuf années de démarches et de plaidoyers jusqu’à Washington
Dans le document signé par son avocat, la fin de cette procédure est présentée comme l’aboutissement d’un long combat juridique.
« Le Département du Trésor des États-Unis m’a officiellement notifié la décision de l’OFAC de retirer le Général François Olenga Tete et Safari Club de la liste américaine des sanctions », écrit Me Aimé Kilolo Musamba, avant de préciser : « Cette décision marque l’aboutissement de plus de neuf années de travail, de démarches et de plaidoyer, qui m’ont notamment conduit à plusieurs reprises à Washington pour défendre ce dossier auprès des institutions américaines. J’ai toujours soutenu que les éléments du dossier ne justifiaient pas le maintien de ces sanctions contre mon client. »
La conviction d’un avocat africain face aux grandes puissances
Le conseil du général insiste sur la portée symbolique de l’issue obtenue. Selon lui, un avocat africain peut porter une défense au plus haut niveau international, affronter les mécanismes juridiques complexes des grandes puissances et faire entendre les arguments de son client.
Un appel à doter la RDC de son propre arsenal de sanctions
Me Aimé Kilolo Musamba élargit le débat au-delà du seul dossier de son client. Il estime que les Congolais doivent tirer leçon de cette expérience et que la RDC ne peut plus rester passive en matière de sanctions internationales, alors que des crimes internationaux sont commis notamment dans l’Est du pays. Attendre que les mesures individuelles et financières proviennent presque exclusivement des États-Unis ou de l’Union européenne ne serait plus tenable, soutient-il.
« Notre pays, la RDC, doit se doter d’un cadre législatif national permettant à ses propres institutions d’adopter, dans le respect de l’État de droit et des droits de la défense, des sanctions ciblées contre les personnes et entités impliquées dans les crimes internationaux commis sur son territoire. La souveraineté, c’est aussi la capacité d’un État à mettre lui-même en œuvre les instruments juridiques nécessaires à la défense de sa population et de ses intérêts fondamentaux », plaide-t-il depuis Bruxelles, où il séjourne.
Il ajoute que « le droit n’a pas de frontière lorsque la défense est portée avec compétence, constance et détermination », tout en prévenant que « la justice internationale ne doit pas davantage être une responsabilité que le Congo abandonne aux autres ».
Juin 2017 : l’origine de la mise à l’index du général Olenga
Pour comprendre la portée du revirement américain, il faut revenir à l’époque où François Olenga dirigeait la garde rapprochée de l’ancien président Joseph Kabila. En juin 2017, son nom avait été inscrit sur la liste noire financière de Washington. Ses avoirs avaient été gelés et il s’était vu interdire l’entrée aux États-Unis.
Entraves au processus démocratique : les griefs de Washington
L’Administration américaine lui reprochait alors des entraves au processus démocratique congolais, dans un contexte de crise ouverte depuis le maintien au pouvoir de Joseph Kabila après l’expiration de son mandat en décembre 2016.
« Sous son contrôle, la Garde républicaine aurait harcelé des opposants politiques, procédé à des arrestations et exécutions arbitraires et entravé l’action des observateurs de l’ONU », détaillait le Trésor américain dans un communiqué de l’époque.
Depuis cette inscription, les conséquences avaient été durables : gel de ses éventuels avoirs aux États-Unis et impossibilité de contracter avec des entités ou des individus américains. Une mesure qui avait également visé son prestigieux complexe touristique Safari Beach, à la N’sele — un site aujourd’hui sorti, comme son propriétaire, de la liste noire américaine.
