L’intelligence artificielle, nouvel atout opérationnel pour Boko Haram au Nigeria

Une récente étude menée par la chercheuse britannique Antonia Juelich met en lumière l’exploitation jugée « systématique » de l’intelligence artificielle par l’organisation terroriste Boko Haram. Ce groupe, tristement célèbre pour ses atrocités et crimes de guerre perpétrés depuis plus de deux décennies dans le nord du Nigeria, semble intégrer activement l’IA dans sa stratégie.

Alors que l’intelligence artificielle s’immisce dans de nombreux aspects de notre quotidien, les entités terroristes ne sont pas en reste. Les recherches d’Antonia Juelich révèlent comment Boko Haram, actif depuis plus de vingt ans au Nigeria, a recours de manière constante à l’IA pour éclairer ses prises de décisions militaires, marquant une évolution inquiétante de ses capacités opérationnelles.

Au cours des dernières années, de nombreux groupes terroristes, y compris l’État islamique, ont orchestré la mise en place d’un vaste réseau de formateurs. Ces experts en intelligence artificielle, recrutés à l’échelle mondiale, sont déployés sur le terrain afin d’inculquer ces compétences technologiques aux combattants.

Un credo novateur : « Allah nous a aidé, l’IA nous aidera aussi »

Des témoignages de membres de Boko Haram décrivent des sessions de formation où diapositives et projecteurs sont utilisés pour familiariser les recrues avec les outils d’IA. Ces nouvelles connaissances auraient permis, selon leurs dires, de débloquer et de rendre opérationnelles des armes étrangères, en suivant les préconisations de l’intelligence artificielle qui aurait suggéré un nettoyage au diesel.

Des plateformes d’IA générative telles que ChatGPT, Grok ou Gemini auraient également servi de guides aux jihadistes pour la conception de nouveaux engins explosifs, plus puissants et efficaces sur le champ de bataille.

Le rapport souligne un cas où l’IA aurait instruit des terroristes sur la manière de franchir un fossé à moto, à la manière d’une scène de film américain, pour lancer une attaque audacieuse contre une base militaire située au Nigeria.

Ainsi, les groupes islamistes élargissent l’utilisation de l’IA, passant de la simple optimisation de leur propagande à une véritable intégration comme levier opérationnel. Cette transition est illustrée par une nouvelle devise qui résonne au sein des rangs de Boko Haram : « Allah nous a aidé, l’IA nous aidera aussi. »