Liberté retrouvée pour Ali Lmrabet : la réaction de RSF et les enjeux de l’affaire

Maroc : Ali Lmrabet libéré, mais l’ombre des poursuites plane toujours

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Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet a recouvré sa liberté ce 15 juillet, trois jours après son interpellation à l’aéroport de Tanger. Une décision saluée par Reporters sans frontières, qui insiste cependant sur la nécessité de clore définitivement cette procédure entachée de doutes.

La libération d’Ali Lmrabet et la restitution de son matériel constituent une avancée positive, mais ne doivent pas occulter le fait que l’enquête à son encontre se poursuit. Les accusations de ‘diffusion présumée de contenus numériques jugés diffamatoires’ contre des individus et des institutions persistent, ce qui est inacceptable pour un journaliste dont le travail repose sur des faits vérifiés. RSF exhorte les autorités à mettre un terme à cette procédure et à reconnaître la légitimité de son travail.

Oussama Bouagila
Directeur du bureau Afrique du Nord de RSF

Placé en garde à vue dès son arrivée au Maroc le 12 juillet, Ali Lmrabet a été entendu par le parquet de Casablanca le 15 juillet. Son matériel, saisi lors de son interpellation, lui a été restitué : deux ordinateurs, un périphérique de stockage et un téléphone portable. Le communiqué du procureur précise toutefois que « des expertises techniques sont en cours et que des mesures légales seront prises à l’issue de la procédure ».

Ali Lmrabet, figure du journalisme indépendant, a dénoncé une arrestation arbitraire : « Je ne fais que du journalisme, conforme aux standards internationaux. Je n’ai jamais été condamné pour diffamation, ni en France, ni en Espagne, ni au Maroc. Mon travail dérange certaines structures étatiques ou sécuritaires, mais c’est mon métier. Je n’ai fait que mon travail, professionnellement. »

Son épouse, Laura Feliu, a également réagi avec fermeté : « Cette arrestation était illégale et contraire au droit marocain, d’autant que les faits reprochés auraient été commis hors du territoire national. Nous exigeons l’abandon définitif de ce dossier et la pleine restitution de ses droits, notamment la liberté de circulation. »

L’affaire a débuté par une interpellation musclée à l’aéroport de Tanger, suivie d’un transfert à Casablanca pour une garde à vue de 48 heures. Les charges retenues contre lui concernent la « diffusion présumée de contenus numériques jugés diffamatoires », une accusation que RSF juge infondée et dangereuse pour la liberté de la presse.

Avec une 105e place au Classement mondial de la liberté de la presse 2026, le Maroc reste sous surveillance quant à la protection des journalistes et au respect des libertés fondamentales.