La loi de finances rectificative pour 2026, présentée par le gouvernement sénégalais, suscite de vives réactions. Lors d’une conférence de presse, Ousmane Sonko, leader du PASTEF, a vivement critiqué les arbitrages budgétaires opérés par les autorités, mettant en lumière les risques sociaux et économiques encourus par les ménages. Face à une opposition frontale, il appelle aujourd’hui à un débat public avec le Premier ministre Amadou Aminou Lô pour redéfinir les priorités nationales.
Des mesures budgétaires jugées inadaptées aux besoins des Sénégalais
Le président de PASTEF a rejeté en bloc le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, estimant que les choix budgétaires du gouvernement ne reflètent pas les attentes de l’Agenda national de transformation. Selon lui, les réductions de dépenses, notamment dans l’éducation, la formation professionnelle et l’emploi, menacent directement l’avenir des citoyens les plus exposés.
Les députés de son parti ont d’ores et déjà annoncé leur opposition à ce texte. Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de corriger les orientations actuelles avant toute adoption définitive par l’Assemblée nationale, soulignant que ces arbitrages ne correspondent pas aux engagements pris pour le développement durable du Sénégal.
Subventions aux carburants : un sujet explosif pour le pouvoir d’achat
Le leader politique a pointé du doigt la baisse des subventions aux produits pétroliers, une mesure au cœur des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Pour lui, cette décision entraînera inévitablement une flambée des prix du carburant, aggravant ainsi la précarité des familles et des petites entreprises.
Il a également mis en cause l’insuffisance des compensations sociales prévues par le gouvernement, notamment dans le cadre de la Bourse de sécurité familiale. Selon Ousmane Sonko, ces dispositifs ne suffiront pas à atténuer l’impact des hausses de prix sur les populations les plus vulnérables, appelant à une refonte des mécanismes de protection.
Dette publique : entre contraintes internationales et défis nationaux
La gestion de la dette publique et les relations avec les institutions financières internationales ont occupé une place centrale dans son discours. Le président de PASTEF a rappelé que le redressement des comptes publics ne doit pas se faire au détriment du bien-être des citoyens. Il prône une approche alternative, fondée sur l’augmentation des recettes fiscales et la mobilisation des ressources locales.
Critique envers certaines décisions gouvernementales, il a réaffirmé son soutien au Plan de redressement économique et social (PRES), qu’il avait contribué à élaborer. Selon lui, ce programme a permis de mobiliser plus de 300 milliards de FCFA. Pourtant, il dénonce des écarts entre les orientations initiales et les actions menées par l’exécutif, notamment en matière de fiscalité et de suivi économique.
Transparence et contrôle : deux piliers pour des finances saines
Ousmane Sonko a également abordé la question des fonds spéciaux, plaidant pour un encadrement légal renforcé et une utilisation plus transparente. Pour le leader politique, ces mesures sont essentielles pour concilier rigueur budgétaire et justice sociale, tout en permettant un contrôle parlementaire efficace des dépenses publiques.
Selon lui, les futurs textes financiers doivent intégrer ces principes pour assurer un équilibre entre redressement économique et respect des besoins sociaux. Une priorité, alors que les discussions parlementaires s’intensifient autour de la LFR 2026.
Dialogue ou confrontation : l’heure des choix pour le Premier ministre
Au-delà des critiques, Ousmane Sonko a lancé un appel solennel au Premier ministre Amadou Aminou Lô : celui d’un débat public sur la situation économique et financière du pays. L’objectif ? Mettre à la disposition des citoyens les chiffres, les orientations et les propositions en jeu, afin de dégager des consensus sur les futurs budgets.
Cette initiative intervient dans un contexte de tensions politiques et budgétaires. Si PASTEF maintient son refus de voter la LFR 2026 en l’état, des ajustements pourraient encore influencer le cours des négociations. Les enjeux dépassent d’ailleurs le cadre de cette loi rectificative : les investissements publics, les dépenses sociales et la gestion de la dette seront au cœur des discussions pour le budget 2027.
« Nous restons ouverts à une discussion franche et constructive avec le gouvernement, a conclu Ousmane Sonko. L’enjeu est de trouver un compromis équilibré, qui préserve à la fois les impératifs économiques et la dignité des Sénégalais. »