Le polisario face à la force militaire marocaine en Sahara occidental

Le Front Polisario sous la pression de la puissance militaire marocaine

Malgré la perte d’un dirigeant clé lors d’une frappe aérienne, le Front Polisario persiste à privilégier le dialogue avec le Maroc. Une stratégie qui révèle les contradictions d’un mouvement confronté à une supériorité militaire écrasante et à un isolement diplomatique grandissant.

La disparition de Lahbib Mohamed Abdelaziz, haut cadre militaire et fils de l’ancien président du mouvement, illustre l’ampleur des défis auxquels fait face le Polisario. Frappé par un drone de précision lors d’une opération, il rejoint la longue liste des victimes sahraouies tombées sous les coups d’une technologie marocaine toujours plus sophistiquée. Ces appareils, capables d’opérer à haute altitude et avec une précision redoutable, ont radicalement transformé l’équilibre des forces sur le terrain.

Face à cette réalité brutale, le délégué du mouvement à Madrid, Jalil Mohamed Abdelaziz, évoque avec lucidité «le lourd tribut à payer» pour défendre leur cause. Les indépendantistes, encore équipés de moyens hérités des années 1970, peinent à rivaliser avec une armée marocaine modernisée et soutenue par des partenaires stratégiques.

Pourtant, malgré cette vulnérabilité militaire évidente, le Polisario maintient une posture ambiguë. Abdoullah Arabi, son représentant en Espagne, insiste sur la volonté du mouvement à «poursuivre le dialogue dans tous les contextes», refusant de rompre définitivement les canaux de communication avec Rabat. Cette position contrastée a été réaffirmée récemment depuis les camps de Tindouf, où s’entassent des milliers de Sahraouis. Brahim Ghali, leader historique, y a réitéré son attachement à une solution pacifique tout en exigeant le respect des résolutions onusiennes.

Cette double approche trouve son origine dans un isolement croissant sur la scène internationale. Le conflit, longtemps relégué au second plan, voit le Maroc renforcer ses alliances avec des puissances occidentales majeures. Les États-Unis et la France, autrefois plus nuancés, ont désormais basculé en faveur de Rabat, notamment après la reconnaissance américaine du plan d’autonomie marocain. L’Espagne elle-même a opéré un virage spectaculaire en 2022 lorsque son gouvernement a qualifié cette proposition de «solution la plus crédible». Une décision qui a provoqué l’indignation d’Abdoullah Arabi, dénonçant l’hypocrisie des capitales européennes face aux souffrances du peuple sahraoui.

Sur le terrain, les conséquences de cette situation se mesurent en kilomètres. Le mur de sable, construit dans les années 1980, scinde le territoire en deux. Les 20 % restants sous contrôle du Polisario, encerclés par cette fortification de 2 700 kilomètres, subissent un blocus de fait. Malgré la détermination affichée par des figures comme Aminatou Haidar, la résistance populaire ne suffit plus à contrer la machine militaire marocaine, désormais équipée de technologies de pointe.