Laurent Gbagbo maintient son leadership au PPA-CI malgré les obstacles
À quelques mois de ses 81 ans, Laurent Gbagbo, ancien président de Côte d’Ivoire, a été reconduit à la tête du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) lors de son premier congrès ordinaire. Une décision qui surprend après ses déclarations récentes évoquant un retrait progressif de la vie politique.

Un soutien inébranlable malgré les défis électoraux
Le PPA-CI, parti historique de Laurent Gbagbo, traverse une période complexe. Depuis l’élection présidentielle d’octobre 2025, remportée par Alassane Ouattara, le parti n’a ni présenté ni soutenu de candidat en raison de l’inéligibilité de son leader, condamné pénalement. Résultat : une absence totale de représentation parlementaire après le boycott des législatives de décembre, laissant le parti avec seulement quelques maires élus.
Pourtant, lors du congrès à Abidjan, les militants ont réservé un accueil triomphal à Gbagbo, qui a salué l’enthousiasme de ses partisans avec ces mots : « Je suis heureux d’être dans cette ambiance chaude, je vous remercie. » Son discours officiel prévu le lendemain à Songon s’annonce comme un moment clé pour clarifier ses intentions.
Une motion controversée et des sanctions internes
Le congrès a également adopté une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois pays dirigés par des juntes militaires en opposition avec la Côte d’Ivoire. Une prise de position qui a suscité des applaudissements nourris parmi les délégués.
Parallèlement, des décisions disciplinaires ont été prises contre deux figures du parti. Ahoua Don Mello, qui s’était présenté à la présidentielle 2025 contre l’avis du parti, a été exclu. Stéphane Kipré, élu député en indépendant lors des législatives, a écopé d’une suspension de 18 mois pour désobéissance.
Une gauche ivoirienne fragmentée
Le paysage politique ivoirien, autrefois dominé par la figure de Laurent Gbagbo, est aujourd’hui profondément divisé. Plusieurs personnalités historiques, comme son ex-épouse Simone Ehivet Gbagbo, son ancien allié Charles Blé Goudé ou encore Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier ministre, ont quitté le PPA-CI, affaiblissant encore davantage son influence.
L’avenir politique de Gbagbo dépend désormais d’un seul facteur : sa réinscription sur les listes électorales. Une possibilité conditionnée à une amnistie de la part du président Alassane Ouattara, son rival depuis la crise post-électorale de 2011. Une issue qui pourrait redéfinir le jeu politique ivoirien dans les mois à venir.
