L’ambition de la Côte d’Ivoire de s’ériger en pôle majeur de l’économie spatiale africaine prendra une dimension concrète avec l’accueil de la première édition d’Africa Space Expo (ASPEX). Du 24 au 26 septembre 2026, le Parc des Expositions d’Abidjan sera le théâtre de ce grand rendez-vous continental. Sous l’impulsion de Tidiane Ouattara, éminent expert en sciences spatiales auprès de la Commission de l’Union africaine et commissaire général de l’événement, ASPEX aspire à se muer en une plateforme incontournable pour l’innovation, la collaboration et les opportunités commerciales au sein du secteur spatial africain.
Tidiane Ouattara a fermement souligné la transformation du spatial, passant d’un domaine de prestige à une impérative nécessité. Il a rappelé l’impact stratégique des technologies spatiales, désormais fondamentales pour des secteurs vitaux tels que la sécurité nationale, la gestion optimisée des ressources naturelles, l’expansion des télécommunications, l’agriculture de précision, la surveillance territoriale et la prévention des risques de catastrophes.
S’inspirant de manifestations d’envergure mondiale comme le Salon international de l’aéronautique et de l’espace de Paris-Le Bourget ou les dynamiques forums technologiques de Dubai, Africa Space Expo a pour vocation de rassembler une diversité d’acteurs : chercheurs, industriels, investisseurs, startups innovantes, inventeurs et décideurs politiques. L’objectif est de forger des partenariats solides et structurants, essentiels au développement du continent.
Le commissaire général a clairement articulé que l’événement dépasse la simple vitrine technologique. Il s’agit avant tout de générer des opportunités commerciales tangibles et d’édifier des alliances stratégiques pérennes, bénéfiques pour l’ensemble de l’Afrique.
Les organisateurs révèlent que le marché spatial africain représente une valeur estimée à près de 30 milliards de dollars, soit plus de 16 683 milliards de FCFA. Ce potentiel colossal demeure toutefois largement inexploité par de nombreux États africains. Par le biais d’ASPEX, la Côte d’Ivoire manifeste sa ferme intention de s’affirmer comme un acteur de premier plan et crédible dans cette économie mondiale en pleine effervescence.
Intervenant lors de l’événement, Djibril Ouattara, ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, a mis en lumière l’intégration quotidienne et souvent imperceptible du spatial dans la vie des citoyens. Il a insisté sur le fait que des usages courants, tels que la navigation GPS, les transactions mobiles et l’accès à Internet, dépendent intrinsèquement des infrastructures satellitaires, confirmant que « le spatial est déjà dans nos vies ».
Le ministre a également souligné la contribution essentielle des technologies spatiales à la transformation numérique de la Côte d’Ivoire. Ces innovations sont capitales pour améliorer la connectivité dans les régions rurales, favoriser l’émergence d’une agriculture de précision, perfectionner la gestion des risques et accroître l’efficience des services publics nationaux.
En outre, il a lancé un appel aux startups, aux développeurs et aux entreprises technologiques du continent africain, les encourageant à exploiter plus intensément les précieuses données satellitaires. L’objectif est de stimuler la création de services novateurs, spécifiquement conçus pour répondre aux besoins et aux réalités des populations locales.
Pour sa part, Adama Diawara, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a caractérisé le domaine spatial comme un défi stratégique fondamental pour l’avenir de l’Afrique. Il a affirmé avec conviction : « Nous n’évoquons pas une technologie parmi tant d’autres, mais bien un pilier essentiel du développement scientifique, économique et sécuritaire de ce XXIe siècle. »
Le ministre a particulièrement insisté sur l’impératif de développer une expertise locale significative. Cela passe par le renforcement des programmes universitaires et l’intensification de la recherche scientifique dans les disciplines des sciences spatiales et de leurs applications satellitaires.
Il a, de surcroît, salué l’action déterminante de l’Agence Spatiale de Côte d’Ivoire, reconnue pour son rôle crucial dans l’organisation de l’écosystème spatial national et la coordination des diverses initiatives sur le territoire.
Cette édition inaugurale d’ASPEX rassemblera un éventail d’acteurs clés : des agences spatiales internationales, des représentants gouvernementaux, des partenaires techniques et financiers, des investisseurs et des innovateurs, venus de l’ensemble du continent africain et d’autres régions du monde. Les États-Unis et le Maroc ont été honorés en tant que pays invités d’honneur.
Tidiane Ouattara perçoit cet événement comme un jalon fondamental dans l’édification d’une authentique industrie spatiale à l’échelle africaine. Il a conclu en affirmant que « l’Afrique se dote enfin d’une plateforme dotée de la capacité à structurer son marché spatial, à catalyser les investissements nécessaires et à encourager la formation d’alliances industrielles stratégiques. »
