Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a révélé sur la plateforme X que Paris soumettait au Conseil des droits de l’homme des Nations unies un projet de résolution visant à empêcher les États de criminaliser les individus LGBT+. Cette démarche diplomatique française survient deux mois après l’entrée en vigueur d’une législation sénégalaise durcissant la répression de l’homosexualité, promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye. Actuellement, un citoyen français est détenu à Dakar en application de ce même texte.
« Vous pouvez compter sur la France : elle œuvre, et œuvrera toujours pour que l’agenda des droits humains avance », a affirmé le chef de la diplomatie française, soulignant une « poussée conservatrice » qui, selon lui, se propagerait dans la plupart des régions du globe depuis une décennie.
Une action diplomatique enclenchée suite à la loi du 11 mars
La nouvelle législation sénégalaise, adoptée sans opposition par l’Assemblée nationale le 11 mars 2026 avec 135 voix et promulguée le 30 mars, a considérablement augmenté les peines. Elle porte la peine d’emprisonnement maximale pour « actes contre nature » de cinq à dix ans et multiplie par dix le montant des amendes, désormais plafonnées à dix millions de francs CFA. Ce texte, défendu par le Premier ministre Ousmane Sonko comme une affirmation de souveraineté nationale, instaure également un délit de promotion, de soutien ou de financement de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité.
Préalablement à sa promulgation, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait exhorté Dakar à renoncer à ce texte, le jugeant contraire aux engagements internationaux du Sénégal. Le 16 avril, Pascal Confavreux, porte-parole du Quai d’Orsay, avait exprimé la préoccupation de Paris, précisant que Jean-Noël Barrot avait abordé le sujet avec son homologue sénégalais, Cheikh Niang, lors d’une rencontre au ministère français des Affaires étrangères.
Un ressortissant français incarcéré à Dakar
Depuis le 14 février, un citoyen français est emprisonné au Sénégal pour des faits liés à cette nouvelle législation. Le consulat français à Dakar lui a rendu visite à quatre reprises, et les services du Quai d’Orsay sont en contact avec sa famille. Par ailleurs, le 10 avril, un tribunal dakarois avait condamné un jeune Sénégalais né en 2002 à six ans de prison ferme pour des infractions similaires.
Selon les informations du ministère français des Affaires étrangères, 62 États criminalisent encore les relations homosexuelles consenties, et parmi eux, onze prévoient la peine capitale. La date d’examen du projet de résolution français par le Conseil des droits de l’homme à Genève n’a pas encore été rendue publique.
