Fakaba Sissoko interpelle la junte malienne sur son bilan à l’occasion de la fête nationale
Le 22 septembre, jour de célébration de l’indépendance du Mali, le général Assimi Goïta, chef de la junte au pouvoir, a livré un discours solennel. Il a mis en avant les avancées économiques du pays, réaffirmé son engagement contre les groupes armés terroristes et évoqué la réconciliation nationale. Assimi Goïta a également souligné l’importance de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans la quête de souveraineté malienne, évoquant la collaboration avec l’Africa Corps russe comme un pilier de cette stratégie.
Cependant, ces déclarations contrastent avec la réalité vécue par une partie de la population. Depuis plus de six ans, le Mali est dirigé par une junte militaire arrivée au pouvoir par un coup d’État, sans élection pour légitimer son maintien au pouvoir.
Des attentes citoyennes insatisfaites selon les opposants
Parmi les voix critiques se trouve Etienne Fakaba Sissoko, opposant en exil et porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR), dirigée par l’imam Dicko. Ce collectif rassemble des figures politiques et de la société civile malienne en exil, déterminées à exiger des comptes sur la gestion du pays.
Dans une déclaration exclusive, Fakaba Sissoko a exprimé son désaccord avec le discours du général Goïta : « On peut aimer profondément le Mali, soutenir nos soldats et défendre notre souveraineté, tout en exigeant des comptes à ceux qui ont accaparé le pouvoir. Les Maliens aspirent à des résultats concrets : sécurité, emploi, accès à l’électricité et liberté d’expression. Ils méritent une véritable perspective politique. »
L’opposant a également pointé du doigt l’absence de mention de la Russie dans le discours présidentiel, qualifiant cette omission d’aveu d’échec. Il a rappelé les récentes attaques, comme celle de Dioura, où plus d’une centaine de soldats maliens ont trouvé la mort ou ont été capturés par des groupes terroristes affiliés à al-Qaïda. « Le bilan du partenariat avec la Russie est visible : le Mali traverse une crise sans précédent », a-t-il souligné.
Un Mali en deuil plutôt qu’en fête
Pour Fakaba Sissoko, la situation actuelle du Mali est alarmante : « Le pays est en deuil. Jamais dans notre histoire politique, le délabrement n’a atteint un tel niveau. Je ne peux pas célébrer cette fête nationale alors que le régime actuel ne honore pas notre nation. »
L’opposant en exil a insisté sur l’urgence d’une transition démocratique et d’une gouvernance transparente pour restaurer la confiance des citoyens. Alors que la junte met en avant ses alliances régionales, notamment au sein de l’AES, les défis sécuritaires et socio-économiques restent immenses.
La CFR continue de mobiliser l’opposition malienne, malgré les restrictions imposées à ceux qui restent dans le pays. Les mouvements lancés depuis l’étranger visent à faire entendre la voix des Maliens, privés de libertés fondamentales sous le régime actuel.