- Sécurité
L’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) reste le théâtre d’affrontements incessants, suscitant l’indignation de Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Depuis Genève, il a exprimé sa profonde préoccupation face à la recrudescence des combats dans les hauts plateaux de Fizi et de Mwenga, situés au Sud-Kivu.
Ces violences opposent la milice Twirweneho, en alliance avec l’AFC/M23, aux forces armées congolaises (FARDC) et leurs partenaires. Depuis le mois de juin, la région de la chaîne de Mitumba est le théâtre d’intenses hostilités, avec des rebelles ayant réussi à s’emparer de plusieurs localités, dont le stratégique Point Zéro, âprement disputé par les belligérants.
Volker Türk a déploré l’emploi d’armes lourdes et explosives, notamment des drones armés et de l’artillerie, dans des zones densément peuplées. Il a souligné que ces pratiques ont des conséquences dévastatrices pour les populations civiles.
« Il est profondément préoccupant de constater que, malgré les accords conclus dans le cadre des processus de paix en cours, les combats se poursuivent sans relâche dans l’est de la RDC, tuant, blessant et déplaçant des civils, et détruisant leurs moyens de subsistance », a déclaré M. Türk, faisant référence aux violents affrontements qui ont secoué le village de Mulima, à Fizi, les 4 et 5 juillet.
Le Haut-Commissaire a haussé le ton, exigeant un arrêt immédiat des confrontations militaires et la cessation de l’utilisation d’armes lourdes à longue portée.
« J’exhorte les forces armées congolaises et le M23 à renoncer immédiatement à toute nouvelle violence et à agir de toute urgence pour apaiser les tensions. J’appelle également les deux parties à prendre des mesures concrètes pour protéger les civils à Mulima et dans l’ensemble de la région des Hauts Plateaux de Fizi et de Mwenga. L’utilisation d’armes explosives à large rayon d’action dans des zones peuplées a des conséquences dévastatrices et doit cesser », a-t-il affirmé avec fermeté.
L’officiel de l’ONU a également exprimé ses craintes quant à des déplacements massifs de populations, y compris vers les nations voisines. Il a alerté sur le risque accru de violations du droit international des droits humains et du droit international humanitaire, incluant des exécutions extrajudiciaires et des violences sexuelles liées au conflit.
Par ailleurs, il a pressé le Rwanda de cesser son soutien au M23 et de retirer ses troupes du territoire congolais. Il a également enjoint les autorités de la RDC à intensifier leurs efforts pour la démobilisation, le désarmement et le rapatriement des membres du groupe armé Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR).
Enfin, Volker Türk a lancé un appel urgent aux acteurs régionaux et à la communauté internationale. Il les a exhortés à intervenir sans délai pour prévenir une nouvelle escalade des violences dans les hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu, en s’appuyant sur les initiatives politiques et diplomatiques déjà en cours.
