L’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), s’ajoute à une crise humanitaire déjà alarmante. Le Royaume-Uni a exprimé sa profonde inquiétude face à cette situation, par la voix de sa représentante, Jennifer MacNaughtan, ministre conseillère, lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la RDC.
La diplomate britannique a salué la réactivité des autorités congolaises face à cette urgence sanitaire, ainsi que le travail de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), qui facilite l’acheminement de l’aide vitale vers les régions touchées. Le Royaume-Uni a également confirmé son engagement financier substantiel dans la lutte contre le virus.
« Nous félicitons la République démocratique du Congo pour sa réaction rapide et saluons les efforts de la MONUSCO pour garantir que les fournitures essentielles parviennent aux zones affectées. Le Royaume-Uni s’est engagé à hauteur de 26 millions de dollars pour soutenir la riposte contre Ebola », a déclaré Jennifer MacNaughtan.
Selon la représentante britannique, Londres collabore étroitement avec les institutions congolaises, des partenaires internationaux tels que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le CDC Afrique, ainsi qu’avec les gouvernements régionaux. Cette collaboration vise à renforcer la coordination de la réponse, la surveillance épidémiologique, les stratégies de confinement et les capacités de préparation.
Malgré la résurgence d’Ebola, les affrontements se poursuivent dans l’est de la RDC entre les groupes armés locaux et étrangers, notamment la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales. Dans ce contexte, le Royaume-Uni a lancé un appel vibrant à toutes les parties prenantes au conflit pour qu’elles assurent un accès humanitaire total, sûr et sans entrave aux populations en détresse.
« Nous exhortons toutes les parties à garantir un accès humanitaire complet et sans entrave, conformément au droit international, pour permettre cette réponse vitale de santé publique », a insisté Jennifer MacNaughtan au nom du Royaume-Uni.
La propagation de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo aggrave les défis des régions déjà fragilisées par les conflits armés, les déplacements massifs de populations et l’insécurité chronique. Les communautés touchées subissent des perturbations croissantes de leur quotidien, avec un accès réduit aux marchés, aux moyens de subsistance et aux services essentiels. Les systèmes de santé, déjà sous pression, luttent pour mettre en œuvre une riposte rapide et efficace. L’insécurité et les attaques contre le personnel soignant ont gravement compromis les opérations, notamment la détection des cas et le suivi des contacts.
En dépit de ce tableau préoccupant, les autorités congolaises se montrent résolues et rejettent tout alarmisme. Elles soulignent les efforts conjoints avec les partenaires nationaux et internationaux pour maîtriser l’épidémie. Le pays, fort de son expérience après seize épidémies d’Ebola précédemment endiguées, met en avant sa capacité à gérer de telles crises sanitaires.
