La délégation de la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a effectué ce jeudi un déplacement officiel à Bujumbura, au lendemain de son entretien avec le président burundais Évariste Ndayishimiye.
Face aux accusations de compromission avec le pouvoir de Félix Tshisekedi, les dirigeants de la coalition ont tenu à clarifier leur position. Martin Fayulu et ses alliés ont précisé n’avoir jamais sollicité cette audience. Selon eux, c’est le chef de l’État burundais, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, qui aurait pris l’initiative d’organiser cette rencontre. Lors de l’échange, leur hôte a insisté sur l’importance du dialogue politique et de la cohésion nationale.
Conditions non négociables pour un dialogue crédible
Les membres de la C64 ont souscrit à l’idée d’un dialogue constructif, mais à des conditions précises. Ils exigent notamment l’abandon définitif du projet de modification constitutionnelle, la libération immédiate des détenus politiques, la cessation des poursuites judiciaires à motivation politique ainsi que le rétablissement intégral des libertés fondamentales. Pour eux, ces préalables sont indispensables pour instaurer un climat propice aux discussions.
Parmi les principes qu’ils considèrent comme intangibles figurent le respect strict de la Constitution, la consolidation de l’État de droit et la préservation de la souveraineté populaire. Ces revendications découlent d’une analyse critique des tentatives de résolution de crise passées en République démocratique du Congo. Selon la C64, ces processus antérieurs ont échoué faute d’avoir abordé les causes profondes et politiques du conflit.
Une marche pacifique pour dénoncer la révision constitutionnelle
Le projet de réforme constitutionnelle porté par le régime actuel, dans un contexte marqué par des conflits armés et l’occupation partielle du territoire national, constitue, selon les leaders de la coalition, un enjeu politique majeur. Ils réaffirment leur opposition farouche à cette révision tout en réclamant le retour à l’ordre constitutionnel.
Ces revendications seront portées lors de la marche pacifique prévue le 22 juillet prochain, en direction du Palais de la Nation. Les organisateurs appellent à la démission du président Félix Tshisekedi, qu’ils accusent d’avoir violé son serment constitutionnel.
