Crise politique et sécuritaire au Tchad : les patriotes dénoncent une situation alarmante

Le mouvement politique « Les Patriotes » a organisé une conférence de presse ce mercredi à son siège situé dans le quartier Bololo, dans le 2ᵉ arrondissement de N’Djamena. Lors de cet événement, Hisseine Abdoulaye, porte-parole du parti, a alerté sur une détérioration inquiétante de la situation sécuritaire et politique au Tchad, ainsi que sur des condamnations qu’il juge infondées à l’encontre de huit dirigeants de partis politiques issus de l’ex-Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP).

Une insécurité grandissante et des violences intercommunautaires

Le parti souligne que le pays traverse une phase critique, marquée par une recrudescence des attaques attribuées à Boko Haram dans la région du Lac Tchad. Parallèlement, des conflits intercommunautaires se multiplient dans les zones orientales et méridionales du territoire. Les opérations militaires récentes à Barka Tolorom et Kaïga Kindjiria auraient entraîné la perte de 23 soldats. Dans le Wadi Fira, des tensions entre communautés, exacerbées par la prolifération d’armes en provenance du Soudan, auraient déjà fait plus de 40 victimes.

Des accusations de répression politique et de restrictions des libertés

Sur le plan politique, « Les Patriotes » dénoncent une stratégie de répression ciblant l’opposition. Parmi les cas évoqués figurent l’élimination de Yaya Dillo, l’incarcération de Succès Masra ainsi que la dissolution du GCAP par la Cour suprême. Le parti dénonce également des restrictions accrues des libertés publiques et des pressions répétées sur les médias indépendants.

Le mouvement s’insurge contre la condamnation à huit ans de prison ferme de huit présidents de partis membres de l’ex-GCAP, arrêtés le 25 avril au siège du PAP/JS sans mandat, selon leurs déclarations. Parmi les condamnés se trouve Nassour Ibrahim Koursami, président du parti « Les Patriotes ». Les charges retenues, incluant attroupement illégal, association de malfaiteurs, insurrection, rébellion et détention illégale d’armes, seraient, selon le parti, dépourvues de preuves tangibles.

Les responsables du mouvement accusent le procureur, le ministre de l’Administration du territoire ainsi que le président de la Cour suprême d’avoir orchestré une procédure judiciaire expéditive dans le but d’affaiblir l’opposition politique.

Un appel à la libération immédiate et à la mobilisation citoyenne

Face à cette situation, « Les Patriotes » exigent la libération sans délai des personnes condamnées et invitent la communauté internationale à examiner attentivement cette affaire. Hisseine Abdoulaye a conclu en lançant un appel à l’unité des citoyens pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « mascarade politique » et rétablir les fondements démocratiques du pays. En citant George Orwell, il a déclaré : « Les tyrans craignent la vérité, car elle ne se plie pas à leur volonté. »