Crise politique au Bénin : tentative de putsch avortée contre Patrice Talon

Situation sous contrôle après une alerte au coup d’État à Cotonou

Le climat politique s’est brusquement tendu au Bénin ce dimanche matin. Un groupe de militaires, se présentant sous l’étiquette du Comité militaire pour la refondation (CMR), a fait irruption sur les ondes de la télévision nationale pour proclamer la destitution du président Patrice Talon. Toutefois, la présidence a rapidement réagi en assurant que la situation demeurait sous la maîtrise des autorités légitimes.

<p>Le président béninois Patrice Talon, à Paris le 9 novembre 2021</p>

Malgré l’annonce fracassante des mutins, l’entourage du chef de l’État a fermement démenti tout changement de pouvoir. Selon des sources proches de la présidence, Patrice Talon est en lieu sûr et les forces armées régulières ont entrepris de neutraliser les éléments perturbateurs. « C’est l’œuvre d’un petit groupe isolé qui a brièvement occupé les locaux de la télévision. L’armée reprend la main et la sécurité est rétablie à Cotonou ainsi que sur l’ensemble du territoire », précise une source officielle.

Tensions et coups de feu signalés dans la capitale

L’ambassade de France a invité ses ressortissants à la plus grande prudence après avoir constaté des échanges de tirs près de la résidence présidentielle. Une source militaire a confirmé que des opérations de « nettoyage » étaient en cours, tout en précisant que ni la présidence ni le domicile de Patrice Talon n’étaient tombés aux mains des assaillants.

Cet événement s’inscrit dans un contexte régional particulièrement instable. L’Afrique de l’Ouest a été le théâtre de plusieurs renversements de régime ces dernières années, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Guinée. Le Bénin, bien que reconnu pour sa solidité économique, fait face à une menace jihadiste croissante dans le Nord et à des tensions politiques internes.

Un mandat présidentiel proche de son terme

Au pouvoir depuis 2016, Patrice Talon achève actuellement son second mandat, le dernier autorisé par la Constitution. Alors que l’élection présidentielle de 2026 approche, le paysage politique reste marqué par des critiques sur un prétendu recul autoritaire, malgré les progrès de développement mis en avant par l’exécutif. Le pays, autrefois cité en exemple pour sa démocratie, traverse une phase de turbulences alors que l’opposition se dit écartée des prochaines échéances électorales.