Côte d’Ivoire : la société civile exige une refonte de l’organe électoral et un dialogue politique inclusif
La dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) en Côte d’Ivoire a relancé les débats sur la gouvernance électorale. La Plateforme des 37 organisations, ONG, associations et mouvements de la société civile ivoirienne (PEC-CI) a présenté, le 14 mai dernier, ses propositions pour une refonte totale du système électoral et un dialogue politique élargi.
Lors d’une conférence de presse à Abidjan, la PEC-CI, représentée par son président Ebrin Yao Rémi, a appelé les autorités à engager un dialogue direct et inclusif avec les principaux acteurs de l’opposition, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Selon la plateforme, cette démarche est cruciale pour apaiser les tensions politiques et favoriser un cadre électoral consensuel.
Un dialogue politique indispensable pour la stabilité nationale
La PEC-CI souligne que la stabilité de la Côte d’Ivoire repose sur la capacité des forces politiques à s’unir autour d’un dialogue franc et constructif. Dans un contexte marqué par des divergences persistantes sur l’organisation des élections, la plateforme insiste sur la nécessité de placer « l’intérêt général » au cœur des discussions.
Une refonte complète de l’organe électoral : les propositions de la société civile
Sur le plan institutionnel, la PEC-CI propose une refonte totale du système électoral. Elle recommande que la nouvelle structure chargée des élections soit exclusivement composée de membres issus de la société civile, excluant toute participation directe des partis politiques. Cette institution, selon la plateforme, devrait être créée via un appel à candidatures ouvert, garantissant ainsi la compétence, l’indépendance et la transparence de ses membres.
La PEC-CI suggère également que cette future entité bénéficie d’un budget autonome, voté par l’Assemblée nationale. Cette mesure vise à renforcer son indépendance financière et institutionnelle, un point crucial dans un climat de méfiance croissante entre les acteurs politiques et les institutions électorales.
La plateforme justifie sa position en pointant les limites du modèle actuel. Elle rappelle que les précédents processus électoraux ont souvent été entachés de violences, de contestations des résultats et de pertes en vies humaines, reflétant selon elle les faiblesses du système en place.
Une dissolution de la CEI critiquée pour son manque de concertation
Bien que reconnaissant que l’ancienne CEI résultait de compromis politiques, la PEC-CI regrette que sa dissolution ait été décidée sans consultation préalable de l’opposition et des acteurs clés de la société civile. Pour la plateforme, cette absence de concertation risque d’aggraver les tensions à l’approche des prochaines élections.
En conclusion, la PEC-CI appelle à une réforme profonde et consensuelle du système électoral ivoirien. Une telle réforme est selon elle essentielle pour rétablir la confiance entre les institutions, les acteurs politiques et les citoyens.
