Centrafrique : de nouvelles allégations de crimes pèsent sur les mercenaires de Wagner

La République Centrafricaine est de nouveau secouée par des accusations graves impliquant des mercenaires du groupe Wagner. Des ex-combattants et des civils figureraient parmi les victimes de ces actes. Le général Ndalé, figure emblématique des milices antibalaka, a formellement identifié ses propres hommes parmi les défunts visibles sur des images troublantes. Face à cette situation, l’opposition politique centrafricaine réclame sans équivoque le départ des mercenaires, tandis que la société civile exige que cesse l’impunité.

Une opération de désarmement tragiquement détournée

Depuis le début de la semaine, une séquence vidéo circule intensément sur les plateformes numériques, suscitant une vive émotion. Ces images, qui auraient été capturées par les mercenaires eux-mêmes, exposent des individus identifiés comme des combattants russes de Wagner et leurs alliés centrafricains, surnommés les « Wagner noirs », aux côtés de plusieurs corps décapités. À la suite de la fuite de cette vidéo, le général Ndalé, leader d’un groupe armé, a rapidement reconnu les victimes comme étant des membres de sa faction.

Il a détaillé un scénario macabre : selon ses dires, les mercenaires de Wagner auraient initié un contact avec ses hommes, convenant d’une rencontre pour un processus de désarmement. Le général Ndalé a affirmé que ces combattants avaient quitté leurs rangs et s’étaient rassemblés, en présence de civils, dans l’attente des mercenaires. C’est à ce moment précis que les forces de Wagner auraient exécuté l’ensemble du groupe, incluant les civils présents.

Ces allégations de violences ne sont malheureusement pas inédites concernant les mercenaires de l’ancien groupe Wagner en République Centrafricaine. L’opposition démocratique exprime une profonde indignation et réclame avec fermeté le retrait immédiat et inconditionnel de ces forces étrangères du territoire national.

L'opposition demande le retrait des mercenaires<span class="copyright">Leger Kokpakpa/REUTERS</span> » loading= »lazy » width= »960″ height= »540″ decoding= »async » data-nimg= »1″ class= »rounded-lg » style= »color:transparent » src= »https://s.yimg.com/lo/mysterio/api/fc574e7f986ecd8b986d82ef570b072eb6725d5ef970f5c4104442b56338d6b3/lightyear_networkapi/resizefill_w960;quality_80;format_webp/https:%2F%2Fmedia.zenfs.com%2Ffr%2Fdeutsche_welle_fr_953%2Fd42559a704e3fadac7a82c6698715a97″><button aria-label=

Martin Ziguélé, président du MLPC et porte-parole du BRDC, a exprimé son désaccord avec ces agissements : « Un adage de chez nous dit qu’une pintade ne quitte jamais la brousse pour crever l’œil d’un poussin dans le village. Il est inacceptable que des forces censées nous soutenir se retournent contre nos propres compatriotes. Notre soutien aux Forces Armées Centrafricaines est indéfectible, mais on ne peut pas venir en aide à quelqu’un, prendre sa place, puis se dresser contre lui. »

La société civile exige une justice implacable

À ce jour, le gouvernement centrafricain n’a pas communiqué officiellement sur ces événements, et nos efforts pour obtenir une réaction sont restés infructueux. Cependant, la société civile manifeste une vive indignation. Quentin Ngbouando, à la tête de l’association Gwé, insiste sur la nécessité d’une action judiciaire immédiate.

Quentin Ngbouando a déclaré : « Depuis plus de vingt-quatre heures, des corps sans vie gisent au sol, encerclés par des mercenaires du groupe Wagner, après ce qui semble être une opération de torture et d’assassinat d’une cruauté inouïe. Il est impensable que la barbarie l’emporte sur la justice. Nous demandons donc au gouvernement de faire toute la lumière sur cette affaire et de s’assurer que les responsables de ces crimes soient dûment poursuivis. »

Il est à noter que l’influence russe s’étendrait au sein du système pénal centrafricain. Des défenseurs des droits humains suspectent les mercenaires d’être impliqués dans des disparitions au sein de la Section de Recherches et d’Investigations (SRI) de la gendarmerie. Des accusations de meurtres de policiers, ainsi que de menaces et d’agressions physiques envers des magistrats, ont également été formulées. Malgré la publication de rapports détaillés par des organisations comme Human Rights Watch et Amnesty International, documentant ces violences attribuées aux forces russes, aucune suite concrète n’a été donnée jusqu’à présent.