CAN 2025 : le Sénégal perd son titre, le Maroc sacré champion — analyse du litige

Pourquoi la décision de la CAF a-t-elle privé le Sénégal de son titre à la CAN 2025 ?

La Confédération africaine de football (CAF) a retiré au Sénégal le titre de champion d’Afrique obtenu lors de la CAN 2025, pour le décerner au Maroc. Cette décision, basée sur des règlements stricts, fait suite à des événements controversés lors de la finale opposant les deux équipes le 18 janvier 2026. Mais comment expliquer ce revirement ? Et quelles sont les prochaines étapes pour le Sénégal, qui a saisi le Tribunal arbitral du Sport (TAS) ?

Image de la finale controversée entre le Sénégal et le Maroc lors de la CAN 2025

Les faits marquants de la finale contestée

La finale de la CAN 2025, initialement remportée par le Sénégal 1-0 après prolongations, a été entachée de décisions arbitrales controversées. Plusieurs éléments ont alimenté la polémique :

  • Un but refusé au Sénégal à la 92ème minute pour une prétendue irrégularité ;
  • L’attribution d’un penalty au Maroc à la 98ème minute, suivi d’une sortie de terrain des joueurs sénégalais en signe de protestation ;
  • Un match suspendu pendant 15 minutes avant que le Sénégal ne marque en prolongations.

Selon les règlements de la CAN, une équipe quittant le terrain sans l’accord de l’arbitre est considérée comme perdante par forfait (score de 3-0). C’est sur cette base que la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a saisi le Jury disciplinaire de la CAF, menant à la décision controversée.

La décision de la CAF : quels articles invoqués ?

Le Jury d’Appel de la CAF a statué le 17 mars 2026 en s’appuyant sur les articles 82 et 84 des Règlements de la CAN, qui prévoient qu’une équipe refusant de jouer ou quittant le terrain sans autorisation perd le match par forfait (3-0). La CAF a justifié sa décision en estimant que le comportement des joueurs sénégalais constituait une violation de ces dispositions.

Cette conclusion a été contestée par le Sénégal, qui a porté l’affaire devant le Tribunal arbitral du Sport (TAS), invoquant des vices de procédure et une interprétation abusive des règles.

Que peut-on attendre du recours du Sénégal au TAS ?

Le recours déposé par le Sénégal le 25 mars 2026 repose sur deux axes principaux :

  • L’interprétation des faits : le TAS devra déterminer si la sortie des joueurs sénégalais équivaut à un « refus de jouer » ou à un abandon, comme le suggère la CAF. Le Sénégal pourrait plaider que cette décision relève de l’arbitre en temps réel et non d’une sanction a posteriori.
  • Le respect des principes juridiques : le recours pourrait s’appuyer sur le droit de la FIFA, qui confère à l’arbitre une autorité immédiate sur la gestion du match. Le Sénégal pourrait ainsi contester la requalification en forfait, jugée excessive.

Cependant, selon l’article 48.7 des Statuts de la CAF, le recours au TAS n’a pas d’effet suspensif. Le titre reste donc officiellement attribué au Maroc en attendant une décision définitive.

Un dénouement incertain pour le Sénégal

Le TAS, garant de l’équité sportive, devra trancher entre deux approches :

  • Annuler la décision de la CAF : comme dans l’affaire CAS 2019/A/6483, où une sanction similaire avait été remise en cause ;
  • Confirmer le titre marocain : comme dans l’affaire CAS 2020/A/6907, où une décision disciplinaire avait été validée.

Quelle que soit la décision, cette affaire soulève des questions sur la gestion des litiges sportifs et l’équilibre entre les règles strictes et l’équité. Le verdict du TAS, attendu dans les prochaines semaines, pourrait avoir un impact durable sur la gouvernance du football africain.