Cameroun : relancer l’engagement citoyen pour les inscriptions électorales

Un enjeu crucial pour la démocratie camerounaise

Le 31 août 2026 marquait la clôture des opérations annuelles de révision des listes électorales, un processus entamé le 2 janvier, en accord avec les dispositions du code électoral camerounais. Ces démarches essentielles visent à intégrer les nouveaux électeurs, notamment ceux qui ont atteint la majorité électorale de 20 ans, ainsi que tous les citoyens n’ayant jamais procédé à leur enrôlement.

Cependant, une observation attentive révèle un faible engouement des citoyens en âge de voter pour ces inscriptions. Malgré les intenses campagnes de sensibilisation orchestrées par les divers acteurs du processus électoral, l’affluence reste modeste, contrastant nettement avec la ferveur observée les années précédentes, particulièrement à l’approche de l’élection présidentielle, considérée comme le scrutin majeur au Cameroun.

Pourquoi un tel désintérêt ?

Cet apparent désintérêt surprend, d’autant que l’on aurait pu anticiper une mobilisation similaire en prévision des élections législatives et municipales. Initialement prévues pour le premier trimestre 2025, ces échéances ont été repoussées à deux reprises et sont désormais théoriquement fixées à février 2027. Il s’agissait en effet, selon l’interprétation du code électoral, de la dernière fenêtre d’opportunité pour les citoyens non-inscrits avant ces scrutins majeurs, à condition qu’ils se tiennent à la date nouvellement arrêtée.

Toutefois, les vives tensions post-électorales qui ont suivi la dernière présidentielle, marquées par des contestations des résultats officiels et ayant malheureusement entraîné des pertes humaines – estimées entre vingt et quarante victimes selon diverses informations –, ont vraisemblablement semé le découragement parmi de nombreux citoyens potentiellement désireux de s’inscrire.

Des solutions pour une meilleure participation

Bien que des millions de Camerounais soient déjà enregistrés, plusieurs analystes et experts en questions électorales estiment qu’un nombre significatif d’électeurs potentiels manque encore à l’appel. Ils soulignent la nécessité d’améliorer substantiellement le taux d’inscription, une donnée distincte des taux d’abstention ou de participation aux élections.

Conscients de cet enjeu, les principaux acteurs du processus électoral, dont l’organisme Elections Cameroon (Elecam) et les formations politiques, multiplient les efforts sur le terrain pour encourager les citoyens éligibles non encore inscrits à rejoindre les listes électorales.

Afin de faciliter cette démarche et d’accroître la participation citoyenne, il est suggéré d’adopter des mesures incitatives qui encourageraient l’enrôlement, tout en préservant scrupuleusement les libertés individuelles. Parmi les pistes envisagées, l’octroi de facilités sociales spécifiques aux électeurs inscrits pourrait être une solution. Cela pourrait inclure des avantages dans l’obtention de documents administratifs ou un accès privilégié à certains emplois publics, le tout sans engendrer de coûts supplémentaires pour l’État. De nombreuses options sont à explorer, pourvu qu’une volonté politique forte soit présente.