Burkina Faso : suspension de deux associations musulmanes après une arrestation controversée

Suspension de deux associations musulmanes au Burkina Faso : les autorités invoquent des motifs d’ordre public

Le gouvernement burkinabè a annoncé la suspension temporaire de deux associations musulmanes pour une durée de trois mois. Cette décision intervient dans un climat de tensions accrues depuis l’arrestation de l’imam Mohamad Ishaq Kindo, figure religieuse influente du pays.

Suspension de deux associations musulmanes au Burkina Faso après une arrestation controversée

Les autorités du Burkina Faso viennent de prendre une décision forte en suspendant pour trois mois deux associations musulmanes. Cette mesure s’appuie sur des justifications liées au maintien de l’ordre public et au respect de leurs objectifs statutaires.

Deux arrêtés publiés hier par le ministère de l’Administration territoriale officialisent cette suspension. La Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso est visée pour « troubles à l’ordre public », tandis que l’association As Salam est sanctionnée pour « activités non conformes à son objet social ».

L’affaire de l’imam Kindo, déclencheur des tensions

Ces décisions surviennent moins de deux semaines après l’arrestation de Mohamad Ishaq Kindo, un imam respecté de la communauté sunnite burkinabè. Son interpellation a suscité de vives réactions dans le pays, où les musulmans représentent environ 60 % de la population.

L’imam s’était publiquement opposé à un projet de loi visant à encadrer davantage la liberté religieuse. Depuis son arrestation le 26 mai, son lieu de détention reste officiellement inconnu. Plusieurs de ses partisans ont également été arrêtés lors de rassemblements pacifiques exigeant sa libération.

Une politique de contrôle renforcé sous la junte

Depuis le coup d’État de septembre 2022 qui a porté Ibrahim Traoré au pouvoir, les autorités burkinabè ont durci leur approche vis-à-vis des voix dissidentes. Les responsables justifient cette fermeté par la nécessité de préserver la stabilité du pays, menacée par une insurrection jihadiste qui dure depuis plus d’une décennie.

Plus de 900 associations déjà dans le collimateur des autorités

Entre avril et mai derniers, les autorités ont déjà suspendu 811 associations et dissous 118 autres structures, principalement pour non-respect des obligations administratives. Ces mesures soulèvent des interrogations quant à l’évolution des libertés publiques dans ce pays du Sahel confronté à une crise sécuritaire majeure.