Boussouma, à 77 km de Ouagadougou : la réforme de la chefferie a précipité l’exode

Le village de Boussouma, situé à 77 kilomètres au nord-est de Ouagadougou, est aujourd’hui quasi désert. Ses habitants ont fui l’avancée des groupes armés. En cause, selon les populations locales : la réorganisation du cadre coutumier et administratif imposée par les autorités, qui a déstabilisé les structures traditionnelles et ouvert la voie aux assaillants.

Une réforme administrative qui a brisé les défenses locales

Autrefois carrefour d’échanges et modèle de cohésion communautaire, Boussouma a vu son équilibre sécuritaire rompu par l’application de la loi n°002-2026/ALT sur le statut de la chefferie coutumière. Cette législation, accompagnée d’ajustements au sein de la Cour royale de Boussouma, a déstructuré les autorités traditionnelles et désorganisé le maillage administratif historique. Pour les observateurs, la fin de ce relais communautaire a sonné le glas de la surveillance de proximité et du renseignement informel qui maintenaient encore un semblant de contrôle.

Un signal clair pour les groupes armés

La vacance institutionnelle et la perte de repères ont été perçues comme un véritable « top départ » par les groupes armés. Profitant de la fragilisation des structures traditionnelles, ces derniers ont rapidement investi l’espace pour imposer leur loi. L’installation progressive des assaillants et le déguerpissement quasi total des habitants illustrent l’ampleur du recul territorial de l’État dans cette zone pourtant proche de la capitale.

Un exode massif et des questions sans réponse

Les déplacés affluent vers des localités voisines ou tentent de rejoindre les faubourgs de Ouagadougou dans le dénuement le plus complet. L’abandon de Boussouma met en lumière les conséquences directes des réformes institutionnelles en cours, que les populations locales jugent déconnectées des urgences sécuritaires. À moins de 80 kilomètres de la capitale, la désertion de ce village sonne comme un avertissement : la stratégie de réorganisation coutumière, loin de renforcer l’État, semble avoir affaibli ses défenses les plus locales.

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