blocages douaniers : le programme sino-congolais en péril
Les ambitions du Programme Sino-Congolais en République Démocratique du Congo (RDC) se heurtent à un obstacle majeur : le dédouanement des matériaux et équipements. Malgré les efforts conjugués des acteurs techniques, financiers et institutionnels, ces blocages paralysent l’avancement des chantiers, menaçant la réalisation des infrastructures prévues.
Lors d’un échange avec le Ministre des Infrastructures, John Banza, le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a tiré la sonnette d’alarme. Selon ses déclarations, les travaux de revêtement routier auraient pu progresser sur plusieurs sites, si une quantité importante de bitume, importée par la SISC SA depuis plus de six mois, n’était pas bloquée à la douane de Matadi. Pourtant, ce projet bénéficie d’exonérations fiscales prévues par la loi et les conventions en vigueur.
Le risque est réel : un ralentissement, voire un arrêt des chantiers, si les acteurs concernés, y compris l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC), ne prennent pas les mesures nécessaires pour débloquer la situation. Plusieurs demandes relatives aux exonérations fiscales et aux procédures douanières restent en suspens depuis des mois, alors que les entreprises impliquées dans ce programme devraient en bénéficier.
des infrastructures en sursis
Le Ministre John Banza a souligné que, malgré ces difficultés, certains chantiers affichent une bonne progression. Cependant, les blocages douaniers risquent de compromettre les efforts déployés. Parmi les projets phares concernés, on retrouve :
- les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa ;
- la route Manterne – Tshela – Singini ;
- la route Kananga – Kalamba Mbuji ;
- la RN1 (Mbujimayi – Nguba) ;
- le Stade d’Idiofa ;
- l’Hôpital Général de Référence de Kikwit, dont la capacité d’accueil est en passe d’être portée de 150 à 650 lits.
La saison sèche, propice à l’accélération des travaux, pourrait cette année aggraver les retards. Les blocages actuels risquent de faire perdre un temps précieux au pays, privant la population d’infrastructures modernes tant attendues.
des tonnes de matériaux bloquées
Les chiffres sont alarmants : près de 1 477 tonnes de bitume, destinées aux Rocades de Kinshasa, au projet Matadi-Tshela-Singini et à la route Kananga – Kalamba Mbuji, sont immobilisées au Port de Matadi depuis janvier 2026. De plus, 1 650 tonnes de bitume pour la réhabilitation de la RN1 (tronçon Mbujimayi – Nguba) sont bloquées dans le Grand Katanga.
Ce n’est pas tout : des équipements lourds, des matériels de chantier, des pièces de rechange et d’autres matériaux essentiels restent également coincés aux postes douaniers, empêchant leur acheminement vers les sites de construction. Parmi ces équipements figurent ceux nécessaires à la centrale à béton du Stade d’Idiofa.
l’urgence d’une intervention coordonnée
Pour éviter une paralysie totale des chantiers, il est impératif que l’APCSC, en tant qu’interface entre les parties prenantes, joue pleinement son rôle. Cette agence est spécifiquement chargée du dédouanement des projets d’infrastructure relevant du Programme Sino-Congolais.
Sans une intervention rapide et efficace, le pays risque de subir des retards considérables dans la réalisation de ses infrastructures, privant ainsi la population des bénéfices attendus de ces projets ambitieux.
