Un rapport accablant sur les sites miniers tenus par le M23
Amnesty International accuse le M23 d’exécutions sommaires, de tortures et de travail forcé sur les sites miniers placés sous son contrôle dans l’est de la République démocratique du Congo. Le rapport, publié lundi, recense au moins 18 mineurs artisanaux tués à Rubaya et à Lomera.
L’organisation non gouvernementale dénonce des « terribles atteintes aux droits humains » visant des mineurs artisanaux, imputées au groupe armé antigouvernemental soutenu par Kigali. Pour ce mouvement, l’exploitation des minerais représente une manne financière considérable.
Rubaya, cité minière stratégique passée sous la coupe du M23
Depuis sa résurgence en 2021, le M23 s’est taillé de larges portions de territoire dans l’est de la RDC, une région riche en ressources naturelles. Le groupe tient notamment Rubaya, cité minière qui fournit 15% de la production de coltan, un minerai stratégique pour l’électronique mondiale.
Selon des experts des Nations unies, le M23 a instauré à Rubaya une taxe prélevée sur la production et le commerce des minerais. Le groupe armé a toujours contesté cette accusation.
Dix-huit mineurs exécutés sommairement : ce que documente l’ONG
Sur les sites miniers sous contrôle du M23, des combattants sont mis en cause pour « exécutions sommaires », « torture et autres mauvais traitements », « détention arbitraire », « travail forcé » et « recrutement forcé ».
Rubaya et Lomera : deux sites, un même bilan
Amnesty International indique avoir recueilli des informations sur l’exécution sommaire de 18 mineurs artisanaux à Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, ainsi que dans la mine d’or artisanale de Lomera, située dans la province voisine du Sud-Kivu.
Le détail des faits, reconstitué à partir de témoignages et des familles des victimes, fait état de dix mineurs frappés à mort, deux tués par balle et six enlevés avant d’être retrouvés sans vie.
Coups, ordres imposés et cellules souterraines
Des mineurs ont raconté à l’organisation avoir été roués de coups lorsqu’ils demandaient une pause, refusaient de remettre leur minerai ou enfreignaient les consignes, même pour un manquement minime.
Plus de vingt mineurs de Rubaya ont par ailleurs été enfermés dans des cellules souterraines et « frappés trois fois par jour » par des combattants du M23.
Des violences qui touchent une filière minérale mondiale
Les faits dénoncés concernent des sites dont la production alimente des chaînes d’approvisionnement internationales. Le coltan extrait à Rubaya irrigue l’industrie électronique mondiale, ce qui confère aux exactions documentées une portée bien plus large que les seules zones de conflit.
Le rapport publié lundi vient ainsi documenter, faits à l’appui, le quotidien des mineurs artisanaux travaillant dans l’est de la RDC sous le contrôle du groupe armé.
