Afrique : les auteurs de coups d’état peuvent-ils vraiment être élus démocratiquement ?

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L’élection des putschistes : une menace pour la démocratie en afrique ?

Paul-Simon Handy, directeur régional de l'Institut d'études de sécurité (ISS) pour l'Afrique de l'Est, analyse les déclarations du sommet de l'UA.

Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine, qui s’est tenu à Addis-Abeba, a marqué un tournant avec l’adoption d’une résolution ambitieuse : mettre fin aux changements de pouvoir anticonstitutionnels. Mais dans un contexte où certains anciens putschistes se présentent aux élections, cette promesse peut-elle être tenue ?

Lors de ce sommet historique, les dirigeants africains ont réaffirmé leur volonté de « faire taire les armes » et de sanctionner sans réserve les coups d’État. Pourtant, la question des élections organisées par d’anciens militaires au pouvoir reste un sujet brûlant. Pour éclairer ce débat, Paul-Simon Handy, chercheur camerounais et directeur régional de l’Institut d’études de sécurité (ISS) pour l’Afrique de l’Est, a partagé son analyse dans une interview exclusive.

Un sommet sous haute tension

Paul-Simon Handy a assisté à ce sommet en tant qu’observateur privilégié. Selon lui, l’Union africaine envoie un message fort : plus aucun putsch ne sera toléré, même si cela implique de revoir ses propres règles. « Il n’est pas acceptable que des auteurs de coups d’État soient élus démocratiquement », a-t-il déclaré. Une prise de position qui interroge sur la crédibilité des institutions africaines face à ces nouveaux défis.

Pourquoi cette question divise-t-elle ?

Plusieurs pays du continent ont connu des transitions politiques chaotiques ces dernières années. Certains militaires, après avoir renversé un gouvernement, organisent des élections pour légitimer leur pouvoir. Mais peut-on parler de démocratie dans ces cas ? Le chercheur camerounais rappelle que la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance interdit clairement ces pratiques. Pourtant, les réalités locales rendent l’application de cette règle complexe.

  • Certains régimes utilisent des élections truquées pour donner une apparence de légitimité.
  • D’autres mettent en place des réformes constitutionnelles pour prolonger leur mandat.
  • Les populations, souvent désillusionnées, peinent à faire entendre leur voix.

L’Afrique peut-elle tourner la page des coups d’État ?

Pour Paul-Simon Handy, la clé réside dans une réponse collective. Les États africains doivent renforcer leurs mécanismes de prévention des crises et soutenir les transitions démocratiques. « Les électeurs doivent refuser de cautionner ces pratiques en participant massivement aux scrutins », souligne-t-il. Une approche qui nécessite un engagement fort des citoyens et des institutions régionales.

Le sommet de l’Union africaine a donc posé les bases d’un nouveau départ. Mais l’avenir de la démocratie sur le continent dépendra de la capacité des dirigeants à traduire ces intentions en actions concrètes. Une chose est sûre : le débat est loin d’être clos.

Écoutez l’intégralité de l’interview de Paul-Simon Handy sur l’évolution politique du continent.

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A propos Harouna Traoré

Journaliste & Fondateur — Directeur de la Publication à Zone AES. Formé à l'Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, Harouna Traoré a arpenté les provinces du Burkina Faso, du Mali et du Niger pendant plus d'une décennie. Convaincu que l'actualité de proximité est la clé de la cohésion sahélienne, il dirige la ligne éditoriale de Zone AES avec une exigence de transparence et d'indépendance sans concession.
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