Afflux de réfugiés burkinabè au Mali : urgence humanitaire à koro

Une vague de déplacés en provenance du Burkina Faso

Depuis le 26 mai, la petite ville de Koro, située au centre du Mali, accueille des milliers de Burkinabè fuyant les violences djihadistes qui ravagent leur région d’origine. Les infrastructures locales, déjà fragiles, peinent à absorber cet afflux massif, posant des défis majeurs en matière d’hébergement et de satisfaction des besoins vitaux pour ces populations vulnérables.

Hamsetou, originaire du village de Sia dans le département de Gomboro (centre du Burkina Faso), décrit avec émotion les circonstances de son départ précipité : « Deux hommes à moto sont arrivés en menaçant de nous tuer si nous ne quittions pas les lieux avant l’aube. C’est ainsi que nous avons fui de nuit, sans rien emporter, pour nous réfugier dans les villages voisins. Le lendemain matin, nous avons pris un taxi pour rejoindre Koro. »

Cette scène, vécue par de nombreuses familles, illustre la brutalité des groupes armés qui poussent des milliers de personnes à abandonner leurs foyers. Près de 75 % des nouveaux arrivants sont des femmes et des enfants, selon les autorités locales.

Des villages entiers vidés de leurs habitants

Les localités de Sia, Gani, Bouli, Kogan, Ganagoulo et Kouéré ont été presque entièrement dépeuplées. Oumou, une habitante de Ganagoulo, raconte : « Le 26 mai, des hommes armés se sont dirigés vers Bouli et Gani avant de revenir dans notre village pour nous ordonner de partir sous peine de mort. Nous avons tout abandonné : nos maisons, nos réserves de nourriture, nos animaux. Certains ont marché pendant des heures, d’autres ont utilisé des tricycles, des charrettes ou des vélos pour atteindre Koro. »

Oumou a finalement rejoint la ville avec son mari et leurs quatre enfants, tous sains et saufs, mais sans aucun bien matériel. Son témoignage reflète la détresse partagée par des centaines de familles.

Des conditions d’accueil précaires à Koro

Issa Sagara, maire adjoint de Koro, alerte sur la situation humanitaire : les sites d’accueil manquent cruellement de moyens pour héberger et nourrir correctement les réfugiés. Les nouveaux arrivants sont répartis dans plusieurs zones de la ville et ses environs, mais les ressources restent insuffisantes pour répondre à l’urgence.

Face à cette crise, il appelle à une mobilisation immédiate des autorités et des organisations humanitaires. « Nous devons agir ensemble pour éviter une catastrophe sanitaire et sociale« , déclare-t-il.

Un exode qui s’amplifie

L’afflux de Burkinabè vers le Mali s’inscrit dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes au Burkina Faso. Les déplacés, majoritairement des civils non armés, cherchent avant tout un abri sûr, loin des violences qui menacent leur survie quotidienne.