Le président camerounais Paul Biya est depuis le 7 juin 2026 en Europe avec son épouse. Il y reste toujours pas rentré, ce qui suscite des interrogations au pays.
Au Cameroun, où le président a été réélu pour un nouveau septennat en novembre dernier, les rumeurs vont bon train, en attendant que la machine répressive entre en action pour calmer le jeu. Face aux longues absences répétées du président Paul Biya, une question revient sans cesse : « qui dirige véritablement au Cameroun ? ». Certains n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère en affirmant que ce pays fonctionne en mode pilotage automatique. Ils n’ont peut-être pas tort. En effet, comment peut-on assurer ses responsabilités de président de la République quand on passe plus de temps à l’étranger, loin de ses concitoyens ?
Le nouveau septennat qu’il s’est offert après avoir écarté ses adversaires les plus crédibles, est peut-être le mandat de trop. Mais Paul Biya n’en a que faire ; lui qui, tel un roi, nourrit le rêve de mourir accroché à son trône pour s’offrir des obsèques nationales.
En tout cas, les absences prolongées du président Biya commencent à agacer certains Camerounais qui, visiblement, n’en peuvent plus de voir leur président passer plus de temps hors du pays qu’à l’intérieur, auprès de ses concitoyens, pour être à l’écoute de leurs préoccupations. Au sein de la classe politique, l'impatience est à son comble.
Le député d'opposition Jean Michel Nintcheu a appelé le Conseil constitutionnel à constater la vacance du pouvoir. Il n’en fallait pas plus pour que les ouailles du pouvoir sortent du bois. « Le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti », a immédiatement réagi le directeur de la propagande du parti au pouvoir.
Le message est donc clair : les opposants et tous les Camerounais qui demandent que leur président soit régulièrement présent à leurs côtés, peuvent circuler. Il n’y a rien à voir ! Parce que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, pour paraphraser le philosophe français Voltaire.
Le Cameroun de Paul Biya est un pays à part. C’est le pays d’Afrique qui a le plus vieux président toujours en exercice. C’est aussi le pays qui a le plus vieux policier au monde, en la personne de Martin Mbarga Nguélé, Délégué général camerounais à la Sureté nationale, qui a soufflé ses 90 bougies le 1er juillet dernier.
En effet, depuis l'investiture du papy Biya, le 6 novembre 2025, il n’a toujours pas formé de nouveau gouvernement. Et l’équipe actuelle dirigée par Joseph Dion Ngute, est en place depuis janvier 2019, soit l’équivalent d’un mandat présidentiel au Cameroun.
En rappel, il n’a toujours pas nommé de vice-président en dépit de la réactivation de ce poste en avril dernier à la suite d’une révision constitutionnelle.
