New York, 23 septembre 2026. Le Bénin préside la 1369e réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, tenue au niveau ministériel en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Un seul thème à l’ordre du jour : « Bon voisinage et réponses régionales aux défis en matière de sécurité et de terrorisme en Afrique ».
Les faits : une session ministérielle conduite par Cotonou
La séance a été dirigée par la Ministre des Affaires étrangères, Madame Corinne Amori Brunet. Y prenaient part le Président de la Commission de l’Union africaine, Monsieur Mahmoud Ali Youssouf, et le Commissaire de l’Union africaine aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, Monsieur Bankole Adeoye.
Autour de la table figuraient également les représentants des États membres du Conseil de paix et de sécurité, des organisations régionales et des partenaires internationaux.
Des frontières qui demeurent d’abord des espaces de vie
À l’ouverture des travaux, la cheffe de la diplomatie béninoise a posé un principe simple : face aux menaces qui traversent les frontières africaines, la première réponse reste la coopération entre États voisins. Les frontières délimitent des territoires et des souverainetés, a-t-elle rappelé, mais elles restent pour les populations des espaces de vie, de travail, de commerce, de liens familiaux et culturels.
D’où une conséquence directe : lorsque l’insécurité s’y installe, ses effets débordent les limites d’un seul État. Le Bénin en tire une ligne claire — le bon voisinage doit produire des résultats tangibles.
Quatre leviers de coopération avancés par le Bénin
- une présence effective de l’État dans les zones frontalières ;
- une circulation rapide de l’information entre États voisins ;
- une coopération renforcée entre services de sécurité et autorités judiciaires ;
- le maintien des échanges transfrontaliers légitimes, dont dépendent les populations.
Une diplomatie de voisinage assumée sous Romuald Wadagni
Cette orientation prolonge la diplomatie de voisinage portée par le Bénin sous l’égide du Président de la République, Monsieur Romuald Wadagni, qui classe le dialogue avec les pays voisins, la sécurité et la coopération régionale parmi les axes de l’action extérieure du pays.
La Ministre a ajouté une condition : cette coopération doit être préservée, y compris lorsque les relations politiques entre États traversent des périodes de tension. Pour Cotonou, l’enjeu n’est pas d’empiler de nouveaux cadres, mais de mieux articuler les mécanismes existants et de les adapter aux réalités des territoires.
Communautés frontalières : le rôle clé des femmes
La réunion a replacé au centre des échanges le rôle des communautés vivant le long des frontières, et en particulier celui des femmes. Leur connaissance des réalités locales et leur proximité avec les populations en font des relais déterminants pour identifier les tensions, contribuer à leur prévention et éclairer les décisions en matière de paix et de sécurité.

De Cotonou à New York : la continuité du processus de Swakopmund
Cette priorité s’inscrit dans le prolongement du deuxième séminaire ministériel de haut niveau du processus de Swakopmund consacré à « Femmes, Paix et Sécurité », organisé à Cotonou les 9 et 10 septembre 2026. La réunion new-yorkaise relie ainsi la participation des femmes aux enjeux de prévention et de sécurité dans les territoires frontaliers.
Le fil rouge de la présidence béninoise du CPS
Par cette réunion ministérielle, le Bénin poursuit les priorités affichées durant sa présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine au mois de septembre : prévention des crises, prise en compte des réalités de terrain, participation accrue des femmes et renforcement de la coopération entre États voisins.
Prochaine étape : la tribune du 28 septembre
La séquence diplomatique béninoise à New York se poursuit le lundi 28 septembre, avec l’intervention de la Ministre des Affaires étrangères devant la tribune des Nations unies, dans le cadre du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale.
